
Pour le directeur des synthèses de Xerfi, nul doute que le président Macron a tenté de répondre à l’urgence sociale manifestée par le mouvement des gilets jaunes. Olivier Passet rappelle ainsi que “ce sont dix milliards d’euros, peut-être plus, qui sont re-routés vers les ménages, notamment les plus vulnérables”. Mais loin d’être un véritable tournant dans sa politique, Macron serait plutôt en train “d’accélérer la mise en œuvre de ce qui était déjà programmé à horizon 2021”, estime notre analyste de Xerfi. C’est ce que semble prouver le maintien des ordonnances Travail, et ainsi la poursuite de la ligne du président : “recentrer le social sur les plus démunis, en mettant des conditions de ressources qui lui font perdre son caractère général”. Autrement dit, le discours du 10 décembre du président de la République ne ferait qu’entériner l’un des principes essentiels du macronisme, à savoir “la flexisécurité avec tous ses corollaires : une moindre protection de l’emploi au niveau de l’entreprise plus un filet de sécurité financé par la collectivité, c’est-à-dire l’impôt”, souligne Olivier Passet.
Ce dernier rappelle d’ailleurs que “le Smic augmente ni plus ni moins que l’inflation” et que “c’est à travers la prime d’activité, financée par l’impôt, que s’organise le soutien au pou
