
A événement exceptionnel, organisation exceptionnelle. Ces derniers jours, des milliers de policiers, gendarmes, pompiers et services de soins affluent de toute la métropole à Paris à l’occasion des Jeux olympiques et paralympiques. Certains ont même fait le déplacement depuis l’Outre-mer et l'étranger.
Mais pour éviter de dégarnir le reste du territoire en pleine période de vacances, le ministère de l'Intérieur a pris des mesures contraignantes concernant les forces de l’ordre : les congés sont interdits durant les épreuves sportives et limités le reste de l'été à deux semaines entre le 15 juin et le 15 septembre. Cette mesure a pour effet de garantir que le taux d’absence ne passera pas sous les 75%.
«L'équilibre n'était pas simple à trouver, il ne faut vraiment pas que ça bouge. Pourvu qu'il ne se passe rien», déclare ce mercredi 24 juillet, à l’AFP, Sylvain André, délégué Alliance Police Nationale dans le Bas-Rhin. Tout semble avoir été mis en place pour que la sécurité des sites olympiques et villes qui les accueillent soit optimale, comment le reste de la France s’organise-t-il pour assurer la sécurité des citoyens jusqu’à la fin des épreuves ?
Des pompiers en nageurs sauveteurs et des policiers de la BAC en agents d’accueil
Au total, 35 000 forces de l’ordre et 4 200 pompiers ont répondu présent à l’appel des Jeux. Si les premiers ont été réquisitionnés, pour les seconds, la participation s’est faite sur la base du volontariat. «Chaque caserne a évalué le nombre de volontaires disponibles selon les risques auquel le département est sujet : feux de forêts , importante fréquentation touristique… Ce qui permet de maintenir une présence. Et puis, les départements jouissent d’une bonne plasticité permettant de se soutenir les uns les autres en cas de besoin», explique Eric Brocardi, porte-parole de la Fédération des sapeurs pompiers de France.
Côté policiers, là aussi,l’entraide permet de pallier le manque d’effectifs. «A la BAC, notre cœur de métier, c'est la lutte anti-criminalité. Mais parfois, on est mobilisés pour des appels au 17 sur des différends, du tapage, ce genre de choses, pour prêter main forte aux brigades qui ont toutes été un peu clairsemées avec les JO», explique à l’AFP David Ghisleri, délégué Alliance en Moselle. Selon plusieurs syndicats de police, des services d'investigation pourraient également être sollicités pour aider les équipes de terrain au cours de l'été en cas d'activité inattendue.
Certaines plages risquaient la fermeture en pleine saison estivale
A Mers-les-Bains, dans la Somme, où les plages sont habituellement surveillées par des CRS nageurs-sauveteurs, ce sont les pompiers qui sont venus au secours de la commune. «Nous avons été prévenus en janvier que les CRS des plages allaient être réquisitionnés pour les JO. Fort heureusement, grâce à nos bonnes relations avec le Service départemental d'incendie et de secours (SDIS) de la Somme, nous avons pu signer un partenariat qui nous permet d’accueillir des équipes de pompiers entraînés pour opérer en mer», indique le service de communication de la ville.
Bien que ce ne soit pas leur cœur de métier de surveiller des eaux de baignades, cette collaboration avec les pompiers a permis à la petite bourgade côtière de garder ses plages ouvertes. Plus au nord, à Calais, des fonctionnaires locaux ont été formés pour devenir maîtres nageurs sauveteurs, afin de pallier cette absence. Une organisation qui «a un coût pour les collectivités», souligne Philippe Mignonet, vice-président de la communauté d'agglomération du Grand-Calais.
Même situation sur la presqu' île de Lège-Cap-Ferret, en Gironde, où la majorité des postes de secours du département sont normalement composés d'un tiers de CRS et de deux tiers de sauveteurs civils. «Pour combler le manque d’effectifs, tous réquisitionnés par les JO, la commune a recruté de nouveaux policiers municipaux et des nageurs-sauveteurs venus de toute la France», précise le service communication de la station balnéaire. A Mers-les-Bains, Calais et Lège-Cap-Ferret, la saison a pu être sauvée. Ce qui n’est pas le cas du traditionnel feu d’artifice du 14 juillet de Saint-Malo, qui n’a pu avoir lieu cette année.
«L’été dernier, les services événementiels de la mairie ont pris la décision de l’annuler, de peur que la préfecture n’ait pas réussi à retrouver le même nombre de forces de l’ordre que d’habitude. Nous avons donc opté pour un événement moindre, rassemblant 30 000 personnes au lieu de 150 000. Et au final, nous avons eu de la chance, car il se trouve que nous n’avons pas perdu d’effectifs, seule l’organisation a été légèrement chamboulée», rassure la directrice de la communication de la ville.



















