
A peine les journalistes de la chaîne afghane ToloNews avaient-ils bouclé leur direct sur le site d'un attentat-suicide à Kaboul qu'une voiture piégée explosait à quelques mètres d'eux, les tuant sur le coup et endeuillant une nouvelle fois la profession.
La mort de Samim Faramarz et Ramiz Ahmadi le 5 septembre dernier porte à 13 le nombre de journalistes tués cette année en Afghanistan, devenu en 2018, selon Reporters sans frontières (RSF), le pays le plus meurtrier au monde pour les médias.
Elle force également les rédactions à relancer un vieux débat: comment informer dans un environnement aussi dangereux.
"Quand nous quittons nos maisons, nous ne savons pas si nous reviendrons vivants", déclare à l'AFP Hamid Haidary, journaliste de la chaîne 1TV, dont les photos de confrères décédés trônent au-dessus de son bureau.
Hamid Haidary s'était lui aussi rendu sur les lieux de l'explosion qui a coûté la vie aux deux journalistes de ToloNews, une des deux chaînes d'information en continu du pays. Mais, plus chanceux, il était retourné à son bureau quelques minutes avant le deuxième attentat.

"C'en est déjà trop pour nous", se désole Lotfullah Najafizada, directeur de ToloNews, le plus grand radiodiffuseur privé d'Afghanistan.
Les conditions de sécurité se détériorant d'année en année, la peur et l'anxiété sont de plus en plus présentes, reconnaît-il.
"Le danger n'est pas seulement sur le lieu de l'explosion mais également lorsqu'il s'agit de se déplacer dans une province, de simplement venir au bureau ou même d'être au bureau. Les risques sont partout", dit-il.
- Zones interdites d'accès -
Selon RSF, quelque 60 journalistes et employés de presse ont été tués en Afghanistan depuis l'invasion américaine de 2001 qui a mis fin au régime taliban et a permis l'éclosion d'une industrie de médias indépendants.

