A la Guillotière, un quartier populaire de Lyon, les riverains et les commerçants sont à bout. Agressions, ventes à la sauvette de cigarettes, deal… Des bandes de jeunes délinquants font régner leur loi depuis des années autour de la place Gabriel-Péri. Alors, le 19 novembre dernier, le préfet du Rhône a décidé de frapper un grand coup en envoyant une centaine de policiers sécuriser le quartier. Une opération coup de poing qui ne trompe plus les habitants. "Dès que les flics vont repartir, tout va recommencer, témoigne d’expérience Lucie, une jeune mère de famille. Tout ça, c’est de la poudre aux yeux pour amuser les télés…"

Même si une majorité de Français continuent de faire confiance à la police, ils sont plus de 35%, comme cette Lyonnaise, à ne pas la trouver assez efficace, selon un sondage Odoxa paru en mai 2021. Et c’est vrai que nos uniformes pourraient beaucoup mieux faire pour assurer notre sécurité. Selon une note de la Cour des comptes publiée récemment, le taux d’élucidation des enquêtes n’a cessé de se détériorer depuis plusieurs années. Pour les homicides, il est aujourd’hui de 62%, alors qu’il dépassait les 70% en 2015. Et du côté des vols avec violence, les coupables ne sont identifiés que dans 15,4% des cas !

Mais ce que reprochent le plus nos concitoyens aux gendarmes et aux policiers, c’est de se montrer incapables de combattre efficacement les incivilités et la petite délinquance qui pourrissent le quotidien, notamment dans les grandes villes. Et de laisser prospérer dans les banlieues des zones de non-droit de plus en plus étendues et de plus en plus violentes. Que faire pour redresser la situation ?

D’abord, abandonner l’idée – la première qui vient à l’esprit – de gonfler les effectifs. Avec 250.000 agents (150.000 pour la police nationale et 100.000 pour les gendarmes) auxquels s’ajoutent les 24.300 policiers municipaux dont se sont dotées 3.600 communes, notre pays est, sur ce point, aussi bien loti que la plupart de ses voisins. A la suite du Beauvau de la sécurité, Emmanuel Macron a quand même décidé de les renforcer. Il a annoncé la création d’une réserve opérationnelle de 30.000 membres pour la police et de 20.000 pour la gendarmerie, des volontaires touchant de 50 à 195 euros par jour de présence, qui peuvent venir épauler les fonctionnaires à la demande. N’en jetez plus !

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