Le sort du prélèvement à la source sera scellé mardi 4 septembre après le rendez-vous entre Gérald Darmanin, ministre de l'Action et des Comtes publics, Édouard Philippe et Emmanuel Macron. À quatre mois de l'entrée en vigueur de la réforme, le président de la République aurait laissé entendre qu'un retour en arrière serait envisagé alors que le travail sur la réforme est lancé par Bercy depuis la fin du quinquennat de François Hollande. Un abandon mais à quel prix ?

Entre 140 et 150 millions d'euros déjà dépensés par l'État

Si jamais le gouvernement opère un rétropédalage et que l'impôt n'était pas prélevé à la source en 2019, cela pourrait coûter très cher à l'État. Selon les estimations de LCI, le gouvernement aurait déjà dépensé entre 140 et 150 millions d'euros. Les entreprises auraient elles aussi déboursé entre 320 millions et 1,2 milliard d'euros.

Des dépenses réalisées pour mettre à jour les systèmes informatiques et former le personnel, mais aussi consacrées à la communication qui comprend les spots télé, les encarts de presse ainsi que les infographies sur le site des impôts. Selon Europe 1, ce sont 40.000 agents qui ont été formés pour pouvoir répondre aux questions des contribuables sur le prélèvement de l'impôt à la source.

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Deux options s'offrent à l’exécutif : un nouveau report pour sauver les dépenses engagées, mais qui entraînerait de nouveaux investissements pour continuer à informer le grand public, soit celle de l'abandon du dispositif. Autre difficulté en cas d'abandon, il serait désormais impossible de revenir à l'ancien système de prélèvement pour des raisons constitutionnelles.

Si le gouvernement revient sur le prélèvement de l'impôt à la source, selon LCI, l'État devrait donc trouver un autre mode de prélèvement avant la fin décembre. Dans tous les cas, le sort du prélèvement à la source sera tranché par le gouvernement dans les prochains jours.