L’essentiel

C'était une intervention attendue. Ce jeudi 4 février, Jean Castex prenait la parole accompagné de plusieurs ministres, dont ceux de la Santé, Olivier Véran, et du Travail, Élisabeth Borne. Alors que l'épidémie de Covid-19 continue de progresser en France, le gouvernement a notamment choisi de ne pas reconfiner à l'heure actuelle. Pour Jean Castex, c'est une mesure qui ne peut être utilisée qu'en "dernier recours" et qui ne se justifie pas à l'heure actuelle. Mais le gouvernement lance un appel à la mobilisation générale et à la vigilance à l'approche des vacances scolaires.

  • Le couvre-feu à 18 heures est maintenu pour "garder le contrôle de l'épidémie", mais il n'est pas question pour l'instant d'aller loin plus loin en décrétant un nouveau confinement. Les contrôles vont être renforcés dans les prochains jours.
  • Alors que la part des variants s'établirait désormais à 14%, le variant brésilien nourrit particulièrement des inquiétudes. Des kits PCR spécifiques vont être déployés pour détecter ces variants.
  • Pour le gouvernement, le recours au télétravail est désormais "impératif". Il évoque un "levier très important que nous n'utilisons pas suffisamment pour freiner l'épidémie".
  • 1,5 million de vaccinations ont été réalisées en janvier, au lieu d'un million comme prévu initialement. 1,7 millions de nouveaux rendez-vous vont bientôt être ouverts pour les vaccinations. Des soignants recevront les premières injections du vaccin d'AstraZeneca ce samedi. Dans les Ehpad, tous les volontaires seront vaccinés d'ici la fin de la semaine.

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Le direct

De 3,5 à 4 millions de Français auront reçu la première injection fin février

Selon Olivier Véran, "entre 3,5 et 4 millions de Français auront reçu une première injection fin février". A l'heure actuelle, 1.766.000 primo-injections ont déjà été réalisées. "Lorsque nous aurons plus de doses en mars, nous pourrons encore augmenter le nombre de primo injections", précise le ministre de la Santé.

Vers un confinement pendant les vacances scolaires ?

Si le confinement ne se justifie pas à l'heure actuelle selon le gouvernement, Jean Castex n'exclut pas qu'il puisse être annoncé pendant les vacances scolaires si la situation s'aggravait. Ceux qui ont voyagé à cette occasion, bénéficieraient alors d'une dérogation pour regagner leur domicile. "Il faut nous donner les moyens de l'éviter", insiste le Premier ministre.

Sur la question des contrôles aux frontières

Les citoyens français ou binationaux qui veulent entrer sur le territoire ne peuvent pas être refusés, souligne Gérald Darmanin lors d'une question de la presse. En revanche, ils reçoivent une amende et sont invités à s'isoler.

En revanche, pour les étrangers, la France peut prendre des mesures plus restrictives en empêchant l'entrée sur son territoire. "Une ordonnance va être prise pour éviter les admissions sur le territoire national". Les frontaliers entrent toutefois dans une catégorie à part.

Pas de limite aux déplacements entre les régions

Jean Castex détaille qu'il n'y aura pas de limite aux déplacements à l'occasion des vacances qui vont commencer. Mais le Premier ministre invite à se faire tester et à respecter les gestes barrières. "Une telle mesure aurait été justifiée si la circulation du virus était très inégale selon les régions. Ce n’est pas le cas".

"La France pourra vacciner tous les adultes qui le souhaitent d'ici la fin de l'été"

Agnès Pannier-Runacher, la ministre déléguée en en charge de l'Industrie, détaille que l'Union européenne a aujourd'hui commandé plus de 2,6 milliards de doses de vaccins à l'heure actuelle. "L'enjeu est de garantir dans la durée notre indépendance d'approvisionnement", précise-t-elle en expliquant que "l'essentiel des doses qui sont acheminées vers la France sont produites en Europe". "Il faut s'attendre à des phases de mise au point, de ralentissements, d'accélérations des productions dans les sites de fabrication, comme nous l'avons vécu dans les sites de BioNTech, de Moderna et d'AstraZeneca".

Pour la ministre, "la France pourra vacciner tous les adultes qui le souhaitent d'ici la fin de l'été".

"Le télétravail doit être la règle"

Elisabeth Borne qui a pris le relais insiste sur l'importance du télétravail. "Le recours au télétravail s'érode progressivement depuis fin novembre", regrette la ministre du Travail. Près d'un tiers des actifs en France, estime la ministre.

30% de ceux qui pouvaient télétravailler à temps complet en janvier le faisaient, contre 45% début novembre. Pour ceux qui peuvent le réaliser partiellement, le taux est passé de 70% à 64% aujourd'hui.

Plusieurs secteurs en particulier sont pointés du doigt : banque, assurance, communication, informatique, activités immobilières et juridiques...

Réduction sensible du nombre de voyageurs internationaux

Le nombre de voyageurs quotidiens venant hors de l'Union européenne serait passé de 65.000 à environ 20.000 depuis la mise en place des restrictions sur les voyages.

"Le gouvernement n'a pas hésité et n'hésitera pas à sanctionner durement les compagnies aériennes peu scrupuleuses" qui ne réalisent pas les contrôles sur les passagers.

53% de verbalisations supplémentaires

Selon Gérald Darmanin, 39% de contrôles supplémentaires ont été réalisés le week-end dernier par rapport au précédent et 53% de verbalisations supplémentaires ont été réalisées pour le couvre-feu. Au total, 177.000 amendes ont été notifiées depuis la mise en place du couvre-feu.

Par ailleurs, dans la journée de mercredi, 587 restaurants et débits de boissons ont été contrôlés. 190 rassemblement festifs ont été démantelés par les forces de l'ordre.

Gérald Darmanin prend la parole

C'est le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin qui prend désormais la parole pour détailler les différentes mesures prises en France et notamment le couvre-feu.

"Nous voulons limiter au maximum la diffusion des variants"

Si le variant anglais est considéré comme plus contagieux, "les variants brésiliens et sud-africains nous inquiètent plus encore". Quatre cas du variant brésilien ont déjà été recensés en France, notamment dans le Var, détaille Olivier Véran. "Notre objectif est clair : nous voulons limiter au maximum la diffusion de ces variants."

Il évoque aussi le passage "systématique" d'un infirmier à domicile après un cas positif à un variant. Un isolement de sept jours est aussi préconisé.

Davantage de tests salivaires pour les enfants

Le ministre de la Santé annonce que le gouvernement va "désormais plus loin" dans la campagne de tests et annonce une multiplication des "opérations collectives de dépistage, notamment dans les milieux scolaires". Le dépistage salivaire, plus facile pour les enfants, pourrait avoir la priorité. Un avis de la Haute autorisé de santé est attendu dans les prochains jours.

Quatre tests sont réalisés en France chaque seconde et 92% d'entre eux donnent un résultat dans les 24 heures suivantes.

67.000 cas contacts auraient désormais été alertés par l'application Tous-anti Covid.

Olivier Véran prend la parole

Après Jean Castex, c'est Olivier Véran, le ministre de la Santé qui prend la parole.

L'objectif d'avril sera atteint, selon Jean Castex

"D’ici avril, nous atteindrons l’objectif fixé par le Président de la République d’avoir proposé la vaccination à toutes les personnes de plus de 75 ans volontaires - et il faut qu'elles soient les plus nombreuses possibles - ainsi qu’aux personnes de moins de 75 ans atteintes de comorbidités graves", déclare le Premier ministre.

70% des résidents d'Ehpad seront totalement protégés à la fin du mois de mars avec la deuxième injection.

La livraison des vaccins AstraZeneca permettra, dès samedi, de vacciner des "professionnels de santé, hospitaliers et de ville, qui se battent en première ligne contre le virus".

1,7 million de nouveaux rendez-vous

Le Premier ministre annonce que 1,7 millions de nouveaux rendez-vous vont être proposés :

- 500.000 pour fin février qui seront ouverts dès ce vendredi.

- 1,2 million sur le mois de mars qui seront ouverts dès le milieu d la semaine prochaine.

1,5 million de personnes vaccinées en janvier

Selon le Premier ministre, 1,5 million de personnes ont été vaccinées en France au mois de janvier, contre 1 million prévu initialement. "Nous avons vacciné hier plus de 100.000 personnes, dont 70.000 en première injection", précise-t-il.

Jean Castex assume "de respecter le délai de 3 à 4 semaines entre les deux injections des vaccins Pfizer et Moderna contrairement à d’autres pays, certes peu nombreux, qui ont cherché à vacciner un maximum de personnes en décalant à plus tard le rappel".

L'importance du télétravail

Pour Jean Castex, le télétravail est un "levier" que nous n'utilisons "pas suffisamment" face à l'épidémie en France.

"Télétravailler partout où c'est possible devient impératif", souligne le Premier ministre qui pointe les manquements de certains secteurs. "Il y a encore trop d’entreprises où le télétravail serait possible mais n’existe pas du tout ou à des niveaux très faibles", regrette-t-il ainsi.

"Le moment n'est pas venu d'alléger les mesures"

Jean Castex écarte en revanche l'idée d'un allègement des mesures actuellement en place en France. "e mesure et pleinement le désarroi et l'impatience. L'heure n'est pas au relâchement de nos efforts. Les règles, il suffit qu'un faible nombre s'en affranchissent pour que le virus prospère, causant parfois des conséquences irrémédiables. Il ne s'agit pas de discipline".

Jean Castex écarte l'hypothèse d'un confinement

"Le confinement ne peut s'envisager qu'en tout dernier recours", souligne Jean Castex qui met en avant les risques psychosociaux, les conséquences pour l'économie ou encore la fermeture des écoles. Il souligne toutefois que les autorités n'hésiteront pas à y avoir recours si l'épidémie s'aggrave.

"J'en appelle à la mobilisation des Françaises et des Français : nous devons tenir ensemble, nous devons agir ensemble, plus que jamais (...) nous devons nous battre pied à pied", résume le Premier ministre.

Il rappelle aussi les mesures qui ont été annoncées la semaine dernière comme la fermeture des frontières ou encore les limitations au niveau européen. "Nous devons empêcher que des personnes, porteuses d’un variant, puissent arriver en France", insiste Jean Castex.

Un niveau d'activité en baisse

Selon Jean Castex, "le niveau d'activité s'établit à 4% sous la normale", selon les dernières estimations. Un ralentissement qui serait moins marqué que chez les autres pays européens.

"Nos chiffres sont élevés mais ils restent stables"

Contrairement aux autres pays européens, Jean Castex estime que la France n'a pas connu de nouvelle vague de l'épidémie Covid-19 au cours des dernières semaines. "Si la situation reste préoccupantes lle se distingue néanmoins de celle de beaucoup de nos voisins. Nous n'avons pas connu ces dernières semaines de vague épidémique d'ampleur". Il pointe les effets positifs de l'action gouvernementale, notamment avec le couvre-feu. "La circulation n'a pas sensiblement augmenté" en France, souligne le Premier ministre.

Les variants, une "menace bien réelle", selon Jean Castex, représentent au moins 14% des cas de coronavirus en France.