
Al’heure du déjeuner, on fait la queue chez Goutu, sandwicherie récemment ouverte dans le quartier des Grands Boulevards, à Paris. Au menu, des produits à 1 euro ! Plutôt savoureux, notamment le «concombre, cream cheese, menthe» et la «chiffonnade de jambon blanc, beurre salé».
Bien sûr, il y a un truc : le pain est industriel et le sandwich ne fait que 13 centimètres. A moins d’être au régime, il faudra donc en acheter deux. Et comme parmi les 30 variétés proposées beaucoup sont à 2 ou 3 euros, l’addition finit toujours par grimper. «Cela reste bon marché pour Paris, estime Noam Dahan, fondateur de l’enseigne. Il y aura une dizaine de points de vente à Paris à la fin de l’année.»
Il y a quelques années, le concept de Goutu n’aurait pas pris. Aujourd’hui, il profite d’un bouche-à-oreille très efficace. Pour un peu, la crise rendrait le low-cost branché. «Le phénomène se banalise», confirme Jean Paul Tréguer, auteur de «Low-cost attitude» (éditions La Factory). Après le succès des compagnies aériennes à bas prix et des marques de distributeurs, beaucoup de services devraient percer : auto-écoles, salles de sport, déménagements…
Familiarisés avec la mécanique du low-cost, les clients ne sont plus à cheval sur les détails pourvu que le rapport qualité-prix soit imbattable. D’où, par exemple, le succès des coiffeurs discount. A condition de ne pas rechercher une coupe sophistiquée, la prestation est honorable, comme en témoigne notre test. Un expert, meilleur coiffeur de l’année en 2006, a jugé pour nous le travail réalisé par quatre salons, de 18 à 50 euros.
Dans les moins chers, on est certes traité avec moins d’égards : pas de rendez-vous et un choix de coupe
