Les autorités sont en alerte outre-Manche depuis l’apparition d’une épidémie de méningite. D’ores et déjà qualifiée de «sans précédent» par les autorités locales, le nombre de cas en Angleterre ne cesse de croître. Ainsi, comme le rapporte RTL, cinq nouveaux cas ont été confirmés ce mercredi 18 mars, ce qui porte à 20 le nombre de personnes touchées, notamment liées à une boîte de nuit située à Canterbury et à l’université du Kent. Alors que deux morts sont déjà à déplorer, un premier cas a été recensé en France. Il s’agit d’une personne dont l’état de santé est stable qui a fréquenté le campus universitaire. «La situation évolue rapidement et d'autres cas pourraient être recensés», a fait savoir dans un communiqué l’agence sanitaire UKHSA qui précise que, jusqu’à présent, les personnes touchées sont toutes des jeunes adultes.

Il faut dire que la menace est grande en Angleterre. Toujours selon l’UKHSA, parmi les 20 cas, pour six d’entre eux - dont les deux mortels - , une infection rare mais très grave à méningocoques «appartenant au groupe B» a été identifiée. Alors que les vacances de Pâques arrivent à grands pas et que les étudiants vont se disperser à travers la Grande-Bretagne, les autorités craignent à présent que l’épidémie se propage rapidement, d’autant que l’une des personnes concernées s’est rendue dans un hôpital de Londres sans avoir eu «de contacts avec la population locale», a assuré l’agence sanitaire.

Le cluster identifié dans une soirée en boîte de nuit

Selon une enquête sanitaire ouverte après l’apparition des premiers cas, le cluster de cette épidémie de méningite a été identifiée lors d'une soirée festive qui s’est déroulée dans la boîte de nuit Club Chemistry, majoritairement fréquentée par des étudiants de Canterbury entre le 5 et le 7 mars dernier, a indiqué le ministre anglais de la Santé. Alors que près de 2 000 personnes se sont rendues dans cet établissement de nuit durant ces trois soirées, le Premier ministre Keir Starmer a appelé toutes les personnes qui y étaient présentes à se manifester pour recevoir des antibiotiques. «Il n’est pas nécessaire de prendre rendez-vous, il suffit de récupérer le traitement. C’est très simple : une seule dose d’antibiotique suffit», a expliqué Anjan Ghosh, le directeur de la santé publique du Kent.

Pour l’heure, plus de 2 500 doses d’antibiotiques ont déjà été administrées à la population dans le Kent, que ce soit à des étudiants, des cas contacts ou à des personnes qui sont allées au Club Chemistry. Compte tenu de la gravité de cette épidémie, un grand programme de vaccination va aussi être mis en place en commençant par les étudiants qui sont logés dans les résidences universitaires du campus de l’université du Kent, a précisé l’agence UKHSA. Alors que la méningite B reste la forme la plus courante au Royaume-Uni sous sa forme virale, les méningites bactériennes, elles, tuent de façon foudroyante lorsqu’elles ne sont pas soignées ou peuvent entraîner un gros risque de séquelles même en étant prises en charge rapidement.