Le 23 avril 2025, les salariés étaient sous le choc. La direction d’ArcelorMittal annonçait en effet la suppression de 600 postes sur sept de ses sites. Toutefois, la direction assurait que les postes d’investissements massifs du groupe n’étaient pas remis en cause, notamment pour décarboner le site de Dunkerque, et l’Etat rappelait qu’il avait promis une aide de 580 millions d’euros pour le projet d'investissement de 1,8 milliard. Ce projet va bien voir le jour indique BFM, et il a été présenté en présence d’Emmanuel Macron mardi 10 février.

Après des mois d’atermoiements, ArcelorMittal a confirmé la construction d’un four géant électrique censé accélérer la décarbonation du site. Coût de l’investissement : 1,3 milliard d’euros, donc moins que prévu, mais son plus gros «engagement en France». Les travaux, qui devraient débuter en 2029, doivent permettre de créer un four électrique (EAF) d’une capacité de deux millions de tonnes d’acier par an. Il devrait surtout produire trois fois moins d’émissions de CO2 qu’un haut-fourneau traditionnel, soit à 0,6 tonne de CO2 par tonne d’acier selon le groupe.

La CGT attend du «concret», la CFDT boycotte

A titre de comparaison, la moyenne des émissions s’élève à deux tonnes de CO2 par tonne d’acier. A noter que l’investissement sera soutenu à hauteur de 50% par le dispositif des certificats d’économie d’énergie. Dans des propos rapportés par France 3 Hauts-de-France, le PDG du groupe en Europe, Reiner Blaschek, réaffirme «l’engagement d’ArcelorMittal (…) en France et en Europe». Parmi les critères qui ont poussé ArcelorMittal à accélérer, figurent le renforcement des mesures européennes contre les importations d’acier jugées déloyales ou encore la montée en puissance du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF), précise BFM.

Mais ce n’est pas tout. Le groupe a signé avec EDF un contrat d’approvisionnement d’électricité bas carbone. Mais ce projet accuse du retard alors que la stratégie de décarbonation d’ArcelorMittal en Europe avait été annoncée dès 2020. «C'est un verre à moitié plein», a réagi le délégué CGT à Dunkerque, Gaétan Lecocq, attendant désormais «du concret». Mais en marge de cette présentation, la CFDT avait décidé de boycotter. «Comment peut-on fanfaronner sur des investissements en matière de décarbonation alors que ceux-ci ont deux ans de retard et sont très largement inférieurs à ceux prévus initialement ?», a tancé le syndicat dans un communiqué.

Des garanties sur l’emploi réclamées

Dénonçant un projet «sans contrepartie», la CFDT demandait des garanties sur l’emploi. «Derrière les mots creux et les promesses, ce sont des milliers d’emplois menacés et supprimés», a-t-il réagi. Non loin de Dunkerque, sur le site de Mardyck, ArcelorMittal a lancé une nouvelle unité d’aciers électriques destinée à l’automobile et à l’électrification industrielle. Reste à prouver désormais si une sidérurgie décarbonée est efficace sur le Vieux-Continent.