
Retour vers le futur. En 2006, Capital avait publié un palmarès inédit des actionnaires français les mieux rémunérés. En tête ? Les Bettencourt, les Pinault et les Arnault. Onze ans plus tard, rebelote. Ces trois familles sont toujours aux avant-postes, et celles qui les accompagnent figuraient aussi, à l’époque, dans nos colonnes. Comme quoi, le club des grands capitalistes français gavés aux dividendes ne se renouvelle guère et reste dominé par nos traditionnels points forts comme le luxe, le BTP, la distribution ou l’alimentaire. Même un Xavier Niel, dont le succès commence à dater, ne figure pas au hit-parade.
Ce top 20 a été établi avec l’économiste Benoît Boussemart en multipliant le montant des dividendes versés à leurs actionnaires par le nombre de parts détenues en direct par le propriétaire, ou éventuellement via une cascade de sociétés intermédiaires. Mais soyons justes, les sommes vertigineuses que nous vous révélons ne vont pas directement dans la poche de nos heureux actionnaires familiaux. "Les dividendes sont perçus par les holdings de contrôle possédées par les familles, explique Benoît Boussemart.
Pour savoir si ces dernières touchent vraiment un revenu, il faudrait connaître les dividendes versés par les holdings elles-mêmes." Or les comptes de ces structures de tête sont rarement publics, et l’on devine pourquoi. En outre, on n’obtiendrait que le montant global que se partagent les membres de chaque famille, qui peuvent être nombreux, comme chez les héritiers Hermès. Mais s’il n’est pas perçu, cet argent ne se perd quand même pas dans les sables. Il peut servir, par exemple, à rembourser des dettes, à racheter des actions pour se renforcer au capital, ou être réinjecté dans les entreprises pour effectuer des investissements. Nos capitaines d’industrie ne raisonnent pas comme des rentiers.
>>> Et vous, êtes-vous bien payé
