
L’actualité américaine avait momentanément évacué le sujet. Mais c’était sans compter sur l’emballement des températures, l’explosion de la demande d’électricité et les ruptures d‘approvisionnement liées aux conflits. Aujourd’hui tout nous rappelle l’urgence d’accélérer la transition vers une énergie abondante, propre et locale. L’épargnant peut facilement accompagner le mouvement.
La demande en électricité explose. Après 25 ans de croissance modérée, la demande en électricité accélère à un rythme de croissance attendu quatre fois supérieur. Cette accélération est portée par la multiplication des centres de données au service de l’IA, l’électrification massive de l’économie avec l’adoption croissante des véhicules électriques, la relocalisation des industries stratégiques en occident et, plus prosaïquement, la climatisation et le remplacement des chaudières au gaz par des systèmes électriques comme les pompes à chaleur.
L’Intelligence artificielle, un glouton d’énergie bien réel
L’IA s’impose comme un moteur de croissance majeur, avec des investissements records dépassant 340 milliards de dollars en 2024, principalement portés par des géants tels que Google, Microsoft, Amazon et Meta. L’objectif est d’atteindre l’IAG, l’Intelligence Artificielle Générale, une IA comparable au cerveau humain. Cette ambition alimente une course mondiale entre entreprises et gouvernements. Conséquence, l’électricité consommée par les centres de données aux États-Unis, qui représentait 2 % seulement de la consommation totale en 2018, pèsera 12 % en 2028 et probablement 50 % en 2040.
Production d’électricité : nouveaux modèles, moins coûteux, plus rapides
Pendant 25 ans, les États-Unis et l'Europe se contentaient de construire quelques nouvelles centrales électriques pour pallier la faible croissance de la demande. Dans les années à venir, la construction de nouvelles centrales devra quadrupler et aujourd’hui 90 % des nouvelles centrales sont renouvelables y compris en Chine et en Inde. Par choix écologique ? Non, la logique économique prévaut. Aux Etats-Unis, une nouvelle centrale solaire ou éolienne, coûte moins cher qu'une centrale au gaz ou nucléaire. Et cela même avec un gaz de schiste bon marché.
Reste la question de la production intermittente. Une centrale classique produit 100 % du temps, une centrale solaire 25 % en moyenne. La majorité des nouvelles centrales solaires et éoliennes sont couplées à des batteries de stockage de l’énergie. Le trop plein du jour est stocké puis restitué la nuit. Le rendement est nettement meilleur et malgré l’adjonction des batteries, le coût de production reste inférieur à celui des centrales traditionnelles. En matière de rapidité, le choix du renouvelable s’impose : le "time to power", le temps nécessaire pour activer une centrale, c’est 10 ans pour le nucléaire, 5 ans pour le gaz et seulement 12 mois pour une centrale solaire.
Avec ou sans Donald Trump, les énergies renouvelables sont plébiscitées par les investisseurs en Bourse
Cela peut surprendre. Pendant les mandats démocrates de J Biden et B Obama, le panier type de sociétés d’énergie traditionnel a fait beaucoup mieux que le panier d'équivalents renouvelables, alors que durant le premier mandat Trump, le panier énergies renouvelables a presque quadruplé en Bourse et fait significativement mieux que le panier pétrole et gaz, qui a perdu 50 % de sa valeur. Sans nier les effets d’annonce de M Trump sur la volatilité boursière des sociétés du renouvelable, reconnaissons que les fondamentaux, eux, sont inchangés.
Malgré toute la rhétorique pro-charbon, le mix électrique a vu les renouvelables passer de 15 à 20 %, alors que le charbon recule de 30 % à 20 % en proportion. A nouveau, la logique économique l’emporte sur le bruit. Avec le président Trump réélu, on pourrait craindre pour l'Inflation Reduction Act et ses subventions. Mais la Chambre des représentants et le Sénat restent très favorables au secteur. La production d'énergie renouvelable à grande échelle (Utility Scale) conserve une législation favorable et, sans subventions, reste la source d'électricité la moins chère aux États-Unis.
La transition énergétique, toute une filière d’investissements, en Bourse
L’épargnant doit être rassuré, la transition énergétique ne se limite pas aux éoliennes, loin de là. Ce sont d’abord des infrastructures capables de délivrer et sécuriser l’électricité en abondance vers les centres de données, les villes et les usines. On peut citer RWE, Eaton Corp, Schneider Electric. Ensuite on peut sélectionner les «technologies habilitantes» qui vont faciliter et généraliser l’utilisation de l’électricité : batteries, véhicules électriques, semi-conducteurs, applications industrielles développées par Albermale, Tesla, Broadcom ou Cadence. On regardera également toute solution qui permettra de réduire la consommation dans l’industrie et les bâtiments, comme Trane Technologies ou Topbuild. Enfin n’oublions pas les gestionnaires de fermes éoliennes et solaires que sont Iberdorla, Vestas ou Nextera.

















