
L’inflation a bien reflué au cours des derniers trimestres dans les pays occidentaux, après les sommets atteints en 2022. Et les derniers chiffres publiés confortent ce phénomène. A cet égard, aux Etats-Unis, la hausse des prix à la consommation (principale jauge de l’inflation) a ralenti en août, tombant à 2,5% sur un an en août (après 2,9% sur un an en juillet), au plus bas depuis février 2021. Hors éléments volatils que sont l’alimentation et l’énergie, l’inflation de base sur un an aux Etats-Unis est ressortie à 3,2%. Des rythmes de hausse des prix globalement conformes aux attentes moyennes des économistes.
Si on regarde dans le détail, l’inflation apparaît néanmoins assez récalcitrante. En effet, si l'inflation des biens chute de 1,7% sur un an (hors énergie et alimentation), l'inflation des services demeure tenace (+4,7% sur un an en août, tout comme en juillet), sur fond de bond du coût du logement et des services de transport, souligne Lombard Odier Investment Managers. Si on ajoute à ces éléments le rythme encore élevé de la hausse des salaires aux Etats-Unis, le gérant d’actifs note ainsi des pressions inflationnistes persistantes, malgré les forces déflationnistes (chute des prix) à l'œuvre sur les fronts de l'énergie et des biens.
L’inflation risque d’être structurellement élevée à moyen terme
En outre, si le ralentissement économique en cours contribue à peser sur l’inflation (notamment via la chute des prix du pétrole et les pressions sur la consommation des ménages), le rythme de la hausse des prix pourrait être relativement (et structurellement) élevé au cours des années à venir. En effet, les mesures protectionnistes, le maintien de déficits publics élevés et l’emballement de la dette des grandes puissances, les implications de la transition climatique et la banalisation de l’intelligence artificielle sont des vecteurs d’inflation structurels.
Assez prudent sur les perspectives d’inflation (qui pourrait être désagréablement élevée) et de croissance économique, JPMorgan brandit d’ailleurs le spectre d’une nouvelle stagflation (inflation forte et croissance économique molle, voire d’une récession, à l’image de ce qui s’était passé dans les années 1970, NDLR). L’accroissement des dépenses d’infrastructures et le creusement des déficits publics pourraient entre autres alimenter l’inflation au cours des années à venir, selon la banque américaine.
Faut-il s’attendre à une croissance économique molle, voire à une récession au cours des trimestres à venir ?
Et du côté de la croissance économique mondiale, les motifs d’inquiétude se multiplient, que ce soit aux Etats-Unis (l'emploi déçoit, l’industrie se tasse, la construction souffre, la consommation des ménages risque de s’essouffler), en Europe (l’industrie perd du terrain, notamment en Allemagne) ou en Chine (la crise immobilière se poursuit et les ménages rechignent à dépenser). D’où l’idée qu’une croissance économique molle (voire même un basculement en récession de certains pays) est envisageable pour les prochains trimestres.
Quels placements privilégier, en cas de stagflation ?
Si le scénario de la stagflation devait s’imposer, un investisseur devrait être davantage sélectif pour ses placements. Certaines actions aux qualités défensives pourraient en particulier être plébiscitées (dans les secteurs de la santé, de la consommation courante de base, des télécoms, etc.). Et on peut supposer que les matières premières pourraient globalement tirer leur épingle du jeu dans un tel contexte (en particulier l’or), même si les prix des matières premières les plus sensibles au cycle économique pourraient moins bien se comporter… Découvrez chaque jour dans Momentum, la lettre d’investissement premium quotidienne de Capital sur la Bourse, nos analyses et nos anticipations sur le CAC 40 et les actions des sociétés cotées. Pour un abonnement annuel, 5 mois sont offerts. Pour en profiter, cliquez sur le lien inséré dans cet article.




















