A 60 ans, Jérôme Muguet peut enfin souffler. Après avoir racheté, géré puis revendu trois cliniques au cours de sa vie professionnelle, ce docteur vétérinaire en a fini avec le mode d’exercice libéral. Il y a deux ans, il a en effet cédé sa dernière affaire à des confrères, avant de déménager à Lyon pour se faire embaucher, en tant que salarié, à la clinique de Lyon Croix-Rousse, membre du groupe Argos Vétérinaire, un des leaders du secteur des soins animaliers en France. Et il ne le regrette pas: «Je peux enfin me consacrer 100% à mon métier, que j'exerce en toute liberté, assure-t-il. Et j’ai aussi du temps pour me former, tout en prenant mes cinq semaines de congés annuels.»

Mais quelle mouche a donc piqué nos vétos? Comme Jérôme Muguet, 24% de ces professionnels travaillaient l’an passé pour de tels groupes centralisés de cliniques, selon Phylum, un cabinet de conseil spécialisé dans les filières alimentaires et la santé animale. A peine cinq ans plus tôt, en 2017, ces praticiens n’étaient pourtant que… 2% à être dans cette situation. Et les réseaux eux-mêmes regroupent désormais 16% des quelque 6000 établissements recensés en France, contre 1% seulement voilà cinq ans. Certains de ces groupes sont même devenus des géants, pesant de 100 à 200 millions d’euros de chiffre d’affaires.

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Le leader du secteur, le britannique IVC Evidensia, regroupe par exemple 256 établissements en France, pour 2600 collaborateurs, vétérinaires et auxiliaires spécialisés inclus. Il est talonné par le rouennais Mon Véto, avec près de 200 cliniques et plus de 1000 collaborateurs, ainsi que par Sevetys, qui compte environ 200 cliniques, et a la particularité d’être dirigé par Daniel Einhorn, un ancien financier. Ce palmarès de tête inclut aussi le français Argos Vétérinaire (105 cliniques et 690 collaborateurs) et AniCura (18 établissements et plus de 550 collaborateurs en France), un réseau d’origine suédoise qui vient de nommer Cédric Malié comme directeur général pour la France.

Autant de groupes engagés dans une course de vitesse: en cinq ans, Mon Véto, dirigé par le vétérinaire David Beciani, a absorbé 168 cliniques, dont 80 rien que ces douze derniers mois, tandis que Sevetys a avalé près d’une centaine d’établissements en 2022. Même les grosses affaires indépendantes cèdent désormais aux sirènes de la consolidation, à l’image de la clinique Kupfer, qui, avec huit vétérinaires, était l’une des plus grandes de Paris intra-muros, avant de passer dans le giron d’AniCura en 2022.

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