Le prochain avion d’Airbus pourrait bien déployer ses ailes… d’albatros. Voilà quelques mois, dans sa soufflerie de Filton, près de Bristol, en Angleterre, ses ingénieurs ont fait voler une maquette qui s’inspire du «prince des nuées» célébré par Baudelaire. Signe particulier : son ample voilure, bardée de capteurs, a été conçue pour changer de forme au gré des conditions météorologiques, afin de mieux tirer profit des vents porteurs. Cette invention pourrait permettre d’économiser 10% de carburant.

Un nouvel argument de vente à glisser dans la besace des VRP d’Airbus? Vu l’épaisseur de leur carnet de commandes, il y a fort à parier qu’ils n’en ont pas vraiment besoin. Fin novembre, le solde d’avions à livrer du constructeur s’établissait à 7.344 appareils, soit l’équivalent de dix années de production… C’est peu de dire que le numéro 1 mondial de l’aéronautique, 132.000 salariés et 52 milliards d’euros de chiffre d’affaires (dont plus des deux tiers sont assurés par les avions, le solde se répartissant entre les hélicoptères, la défense et l’espace), a fait mieux qu’encaisser le choc de la pandémie.

Alors que le trafic aérien n’a toujours pas retrouvé ses niveaux d’avant la crise, l’avionneur a redécollé dès l’an dernier, plein gaz, boosté par un bénéfice net record de 4,2 milliards d’euros. Dans le même temps, son éternel rival Boeing continuait de piquer du nez : l’américain perd autant d’argent qu’en gagne son concurrent.

Le secret de cette extraordinaire résilience ? «Ne jamais gâcher une bonne crise», a l’habitude de rappeler Guillaume Faury, le P-DG d’Airbus, en citant Churchill, l’un de ses modèles. Quand il s’est retrouvé confronté à la débâcle Covid-19, moins d’un an après avoir succédé à Tom Enders aux manettes de l’entreprise, le patron n’a guère tergiversé. Sa production à peine stoppée pendant seulement quatre jours, le temps d’adapter les postes de travail aux contraintes sanitaires, il rouvrait des usines, ajustait leurs cadences, prévenait ses actionnaires qu’ils devraient tirer un trait sur 1,5 milliard d’euros de dividendes et supprimait 15.000 postes – en majorité chez les cols blancs. Puis il volait au secours de ses fournisseurs, en abondant de 116 millions d’euros le fonds Ace Aéro Partenaires, lancé en 2020 par l’Etat avec le gestionnaire d’actifs Tikehau Ace Capital, pour soutenir les PME du secteur.

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