Toujours plus ! Telle est la conclusion qui s’impose à la lecture du 24e rapport sur les rémunérations des dirigeants des principales entreprises cotées à la Bourse de Paris, réalisé par le cabinet spécialisé Proxinvest. Avec une moyenne de 4,2 millions d’euros, les packages globaux des patrons du SBF 120 ont grimpé de 14% en 2022 par rapport à 2019, dernier exercice réellement comparable. En 2020, nos grands dirigeants avaient en effet été obligés de se serrer la ceinture, Covid oblige et l’année suivante, certains s’étaient singulièrement rattrapés, comme Carlos Tavares (Stellantis), au point de fausser les analyses. Pour les seuls groupes du CAC 40, les P-DG sont encore plus à la fête puisqu’ils ont touché en moyenne 6,7 millions d’euros en 2022 (+29% par rapport à 2019). «Si on exclut donc 2021, jamais nous n’avons relevé des rémunérations aussi élevées», souligne Jehanne Leroy, l’auteur de l’étude. Plus ennuyeux, jamais non plus l’écart entre ce que les patrons du CAC 40 touchent et ce qu’obtiennent leurs salariés n’a été aussi élevé. «Entre 2014 et 2022, les premiers ont vu leur rémunération grimper en moyenne de 62% contre 31% pour leur personnel», poursuit Jehanne Leroy. Soit un rythme deux fois plus rapide. Près d’un quart des dirigeants dépassent même le plafond de rémunération maximal socialement acceptable, défini par Proxinvest à 240 fois le SMIC (5,39 millions d’euros). Au sein du CAC 40, la moyenne atteint même désormais 299 fois le Smic. Voilà qui pourrait faire grincer quelques dents à l’heure des négociations annuelles obligatoires sur les salaires.

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