Euronews est dans la tourmente. Mardi 9 février, une cinquantaine de salariés se sont mis en grève pour 24h -la première grève intersyndicale de l’histoire de la chaîne d’information internationale. Ils protestent contre un plan social qui va entraîner 30 à 40 départs, sur un effectif d’environ 500 permanents. “Le site web en langue turque, qui est aujourd’hui le seul média indépendant dans cette langue, est menacé de fermeture, de même que les émissions en langue italienne”, craint un représentant du personnel. Ces suppressions de postes font partie d’un plan d’économies tous azimuts, qui comprend aussi le non remplacement des journalistes malades, la réduction des piges, le gel des recrutements et d’une partie des charges sociales, des reports de loyers, la revente de créances (affacturage)...

Explication : la chaîne basée à Lyon traverse une crise de liquidités aiguë. Les lourdes pertes ont consommé la quasi-totalité de la trésorerie, tombée de 63 à 3,7 millions d’euros entre 2015 et 2019 pour la maison mère (hors filiales). Toutefois, grâce au plan d’économies drastique mis en place, cette trésorerie n’a pas diminué en 2020.

Selon les informations de Capital, Euronews a aussi demandé une aide d’urgence à son principal actionnaire, Naguib Sawiris, qui détient 87,7% du capital. En juillet 2020, le magnat égyptien a prêté à la chaîne 8,5 millions d’euros, à rembourser fin 2021. Mais il a imposé un taux d’intérêt élevé de 8% vu le risque. Le 2 décembre 2020, il a aussi dû fournir une lettre de confort promettant qu’il assure