
Les grandes compagnies pétrolières et gazières ont engrangé des milliards de bénéfices l'an dernier à la faveur de la remontée des cours mais elles restent prudentes et ne veulent dépenser qu'avec parcimonie.
La saison des résultats annuels a confirmé la bonne santé retrouvée du secteur. Total a ainsi annoncé cette semaine un bénéfice net annuel en progression de 39% à 8,6 milliards de dollars. Ses concurrents BP, Chevron, ExxonMobil ou encore Royal Dutch Shell ont également accumulé les profits.

"2017 fut l'une des meilleures années de l'histoire récente de BP", a même résumé Bob Dudley, le directeur général du groupe britannique.
Toutes ont profité de la remontée des cours du pétrole, soutenue par les efforts de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et de ses partenaires, dont la Russie, qui ont limité leur production pour réduire l'offre sur le marché.
L'an dernier, les cours du pétrole se sont établis à 54 dollars le baril en moyenne contre 44 dollars en 2016. Le baril de Brent de la mer du Nord évolue aujourd'hui autour des 70 dollars.
Les majors en ont profité pour gâter leurs actionnaires, impatients après plusieurs années de vaches maigres, sous forme de hausse des dividendes et/ou de programmes de rachat d'actions.
Mais ce n'est pas pour autant le retour des années fastes. A la suite de la chute des cours il y a trois ans et demi, les majors avaient taillé dans leurs coûts et réduit leurs investissements. Après s'être adaptées pour être rentables avec des cours plus bas, elles n'ont pas pour autant l'intention de lâcher la bride.

Le patron de Shell Ben van Beurden avait résumé cet état d'esprit l'an dernier en assurant qu'il travaillait désormais comme si les cours du pétrole allaient rester "plus bas pour toujours" ("lower
