«Vires in numeris.» Au QG parisien de Ledger, à Paris, ce n’est pas un banal logo high-tech, mais cette surprenante maxime latine qui barre la porte d’entrée. «Littéralement, cela signifie “la force dans les nombres”, traduit Pascal Gauthier, le PDG. Le bitcoin en a fait sa devise. Elle rappelle la puissance des mathématiques et des algorithmes, qui font perdurer cette monnaie virtuelle depuis quinze ans, sans intermédiaire, ni Etat, ni banque, ni aucun autre tiers de confiance.»

6 millions de portefeuilles sécurisés vendus depuis 2014

Mais ces chiffres et lignes de code informatique font aussi le bonheur des quelque 750 employés de la start-up française, spécialisée dans la conservation et la gestion des cryptomonnaies. Leur mission: concevoir des portefeuilles sécurisés, destinés à protéger les placements de leurs utilisateurs des convoitises des hackers et autres cyberfilous. Depuis sa fondation en 2014, l’entreprise en a vendu plus de 6 millions dans plus de 200 pays, dont à peu près la moitié hors d’Europe. «A eux seuls, nos portefeuilles sécurisent déjà 20% des volumes de cryptomonnaies qui circulent dans le monde», fanfaronne Pascal Gauthier.

Et son terrain de jeu n’en finit pas de s’étendre. Malgré la dégringolade du bitcoin l’an dernier, le nombre de détenteurs de monnaies virtuelles a encore progressé de 39%, pour atteindre 425 millions d’individus dans le monde. En France, un peu moins de 1 foyer sur 10 en possède, mais plus d’un quart se déclare prêt à en acquérir, révèle une étude menée par le cabinet KPMG avec l’Association pour le développement des actifs numériques (Adan). C’est dire le potentiel de cette start-up qui a rejoint il y a déjà deux ans le cercle fermé des licornes françaises, ces entreprises valorisées à plus de 1 milliard d’euros – 1,3 milliard, dans le cas de Ledger.

Pascal Gauthier, PDG de Ledger.
Pascal Gauthier, PDG de Ledger. © ©Samuel Kirszenbaum/Ledger

Assemblés à Vierzon, dans le Cher, ces coffres-forts numériques ne stockent pas directement vos bitcoins qui, rappelons-le, existent sous forme de 0 et de 1 sur des serveurs disséminés un peu partout sur la planète. Mais ils en constituent la clé d’accès unique, protégée par une puce ultrasécurisée, verrouillée par des algorithmes de cryptographie secrets. Cette puce, qui fait office de totem pour l’entreprise – Pascal Gauthier en a même fait dessiner une sur l’une des neuf bagues en or qu’il porte aux doigts – est aussi le cœur technologique de ses portefeuilles numériques.

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