La fin de l’enfer pour Marion. Cette ancienne salariée de Fred, une marque de joaillerie du groupe LVMH, a obtenu gain de cause en justice. Son ex-entreprise a été condamnée pour harcèlement discriminatoire par la Cour d’appel de Paris, rapporte Mediapart le 13 juillet 2024. Marion accusait l’une de ses supérieures de remarques discriminatoires en raison de son origine chinoise. Élodie, sa cheffe, l’aurait ainsi appelée «Mulan», «sinoise» ou encore «chinetok», dans des messages sur la messagerie WhatsApp. La justice a reconnu que la plaignante avait «subi des surnoms et remarques pendant quelques mois», ces derniers étant «non sollicités» et «manifestement inadaptés».

Avant d’en arriver devant la justice, Marion et deux de ses collègues avaient tenté de faire remonter ces actes discriminatoires. Après un rendez-vous avec les ressources humaines, l’ancienne salariée se rappelle être sortie rassurée. «Nous étions soulagées en sortant du rendez-vous, pensant vraiment que les choses allaient enfin changer», raconte-t-elle à Mediapart. Finalement, il n’en est rien. En outre, contacté par le journal d’investigation, Fred assure ne pas «avoir été informée, du temps de leur présence et par qui que ce soit, de propos discriminatoires échangés entre ces deux ex-salariées».

Licenciée pour faute

Pour Marion, en 2017, c’est le statut quo. Les jours se suivent et se ressemblent et travailler en tant que vendeuse pour la marque de joaillerie devient de plus en plus compliqué. Au-delà des surnoms et de la discrimination subis, Marion est également attaquée sur son physique. Son poids, son maquillage ou encore la taille de ses yeux sont l’objet de moqueries. C’est dans ce contexte particulièrement éprouvant que l’ancienne employée est virée en juillet 2018 après avoir contrevenu aux règles de sécurité. Elle porte alors l’affaire devant les prud'hommes, assurant que sa supérieure avait donné son aval.

La justice estime alors que le licenciement est en effet abusif, mais ne reconnaît pas la responsabilité de Fred quant à l’absence de réaction devant les remarques racistes reçues par leur salariée. Cette dernière décide alors de faire appel. La Cour d’appel de Paris a finalement reconnu la responsabilité de l’employeur, en revanche, elle a cette fois-ci reconnu que le licenciement était fondé. Dans un communiqué, l’entreprise assure qu’elle «veille à offrir à tous ses collaborateurs un cadre de travail inclusif et respectant toutes les sensibilités, en formant notamment ses équipes pour lutter contre toutes les formes de discrimination».