
C’est une pratique que les autorités peinent à endiguer. De nombreux automobilistes conduisent au volant de voitures appartenant à des garages «fantômes». Ainsi, des millions d’euros d’amende ne sont jamais réglés par ces derniers. Ce phénomène avait été révélé par une enquête du Monde à la fin de l’année 2024. Mais les autorités éprouvent des difficultés à mettre fin à ce scandale, comme le montre la note de la Direction nationale de la police judiciaire de septembre 2025, que s’est procuré Le Parisien.
Il s’agit d'un «phénomène de masse, impliquant plusieurs centaines de milliers de véhicules et un nombre tout aussi conséquent de propriétaires véritables», précise cette note. Il prend sa source dans la privatisation du système d’immatriculation des véhicules dans le but de supprimer les files d’attente interminables dans le préfectures. Mais pour décharger les agents préfectoraux, les professionnels de l’automobile accèdent directement au fichier. Ainsi, il suffit alors de monter des sociétés automobiles fictives.
734 contrôles en 2024
Résultat : les escrocs peuvent immatriculer autant de voitures qu’ils le désirent. Les sociétés fantômes proposent leurs services à des particuliers friands de voitures qui ne paieront jamais leurs amendes. Mais ces dernières ne s’arrêtent pas là puisqu’elles cherchent également à blanchir de l’argent ou des voitures volées.
En raison de «la pluralité d’acteurs» et de «leur localisation en différents points du territoire», la lutte contre cette pratique est particulièrement difficile, selon la police judiciaire. D’après un enquêteur, il serait préférable de faire «un contrôle a priori». «Quand vous avez une société créée le 2 du mois, qui enregistre 250 voitures en quatre jours et disparaît le 4 du mois, rien n’empêcherait que les immatriculations soient immédiatement suspendues», assure-t-il. En France, 734 contrôles ont eu lieu en 2024, selon le ministère de l’Intérieur.
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