Dès octobre 2024, le président du département de l’Eure, Alexandre Rassaërt, avait annoncé son intention de mettre fin à la limitation à 80 km/h sur les routes du département, estimant qu’elle nuisait à la lisibilité du réseau routier et qu’elle n’améliorait pas la sécurité routière. «Les Eurois n’en peuvent plus des changements incessants de limitation de vitesse sur le réseau routier, alors on va mettre en place un triptyque 50-70-90 km/h qui sera plus lisible et compréhensible», a-t-il déclaré.

Lors du vote le vendredi 7 février, la majorité du conseil départemental a soutenu cette décision, malgré l’opposition des élus minoritaires, rapporte Le Parisien. L’Eure devient ainsi le 53e département à revenir partiellement ou totalement aux 90 km/h, une possibilité offerte par la loi d’orientation des mobilités promulguée le 26 décembre 2019.

Un impact controversé sur la sécurité routière

Le vice-président aux mobilités, Thierry Plouvier, a justifié cette décision en s’appuyant sur les chiffres d’accidentalité dans le département. En 2024, environ 600 blessés ont été recensés sur les routes euroises, et le nombre de décès a augmenté de 30 %, passant d’une trentaine en 2023 à une quarantaine en 2024. Pour les partisans du retour aux 90 km/h, la baisse de la vitesse n’a pas eu l’effet escompté sur le comportement des conducteurs et n’a pas réduit les accidents.

Cependant, cette position est contestée par les associations de sécurité routière. Pauline Jouvenaux, directrice régionale de Prévention routière, estime que l’augmentation de la vitesse présente un risque supplémentaire. «Baisser la vitesse, ce n’est jamais populaire, mais toute la difficulté dans la prévention routière, c’est de montrer ce que l’on évite, les accidents qui n’arrivent pas», affirme-t-elle à nos collègues.

Une mise en place progressive d’ici début 2026

Avant l’application effective du retour aux 90 km/h, plusieurs étapes réglementaires sont nécessaires. Des études d’accidentalité seront réalisées pour chaque secteur concerné. Ensuite, le projet passera devant la commission départementale de la sécurité routière, prévue à l’automne 2025. Bien que son avis ne soit que consultatif, il pourrait influencer la mise en œuvre finale.