Gadget ou révolution à quatre roues ? Après les maisons et les meubles en kit, attendez-vous à voir débarquer des voitures à monter rapidement, à partir d’une simple notice. Vous souriez, mais ce n’est peut-être pas une fantaisie, pour Stellantis du moins. Le groupe automobile prend en effet très au sérieux le projet d’une société suédoise, au point d’envisager avec elle un partenariat industriel pour une voiturette livrable… en cartons. On ne parle pas ici du géant Ikea, mais plutôt d’un compatriote qui s'inspire à son tour du principe d’assemblage en kit. Baptisée Luvly, cette start-up projette en effet de développer «O», une micro-voiture électrique. Encore à l’état de concept, ce modèle de quadricycle (voiture sans permis) pourrait rouler en autonomie pendant 100 kilomètres, et l’attente liée à la recharge serait réduite, grâce à un système de swap des batteries. On note aussi dans ses caractéristiques une vitesse maximale de 90 km/h, un habitacle avec deux places et un coffre de 267 litres. Le tout pour un poids n’excédant pas 400 kg, grâce notamment à l’utilisation de tubes en aluminium et de panneaux en composite pour sa structure.

Une voiture électrique en kit à 10 000 euros

Cette Luvly «O» a été conçue pour être légère et économe en énergie, mais surtout pour être produite en deux temps par n’importe quel constructeur, grâce à un montage facile : les pièces sont d’abord fabriquées dans une usine centrale, puis expédiées sous forme de kits plats à assembler dans des micro-usines locales, au plus près des consommateurs. Le véhicule peut même être monté après réception dans un garage, voire directement chez le client. De quoi multiplier le nombre de voiturettes à fabriquer et ramener leur prix de vente sous la barre des 10 000 euros, selon les annonces de Luvly. Suffisant en tout cas pour attiser la curiosité de Stellantis, à l'origine du succès de la Citroën Ami en 2020, puis de l’arrivée sur le marché des voitures sans permis des Fiat Topolino et Opel Rocks Electric.

>> Ne ratez rien de l’actualité de l’automobile en vous abonnant à notre newsletter auto

Selon le média britannique Zag Daily, Stellantis aurait ainsi engagé des discussions commerciales, consistant en un accord d’un an, dont l'objectif est d’évaluer la pertinence pour le groupe de cette technologie de petits véhicules urbains. Si ce dernier reste discret sur cette collaboration, Luvly, fondée en 2015 à Stockholm et en quête de crédibilité et de financements, la présente comme un tournant : «nous pensons que notre technologie a le potentiel de révolutionner la façon dont les véhicules sont conçus et construits». La start-up est actuellement engagée dans une levée de fonds de 5 millions d’euros pour accélérer son développement et industrialiser son modèle.

Le potentiel est là. Reste à savoir si Stellantis fera le pari de cette technologie pour concevoir une nouvelle génération de véhicules urbains à la fois sobres, accessibles et économiquement viables, alors que la concurrence pousse aussi ses pions dans ce sens, comme Toyota avec sa FT-Me.