
Venue du Sénat, la proposition consistant à retirer le permis de conduire des formations finançables par le compte personnel de formation (CPF) visait à permettre de maintenir le bilan de compétences parmi les formations éligibles au CPF. Maintenu dans le projet de loi de finance adopté le 2 février, ce tour de passe-passe comptable va coûter cher aux salariés.
Le financement du permis de conduire grâce au CPF était possible depuis 2017. D’abord réservé à l’obtention du permis B, le dispositif avait été élargi à tous les permis en 2023. Le succès a été au rendez-vous puisque le permis de conduire B est devenu la formation la plus demandée sur la plateforme du CPF. En 2024, 360 000 demandes ont été ainsi financées.
La fin du CPF pour financer le permis de conduire
Alors que le prix de la formation pour décrocher ce précieux sésame avoisine désormais les 2 000 euros en moyenne, mobiliser son CPF permettait à de nombreux travailleurs de la rendre plus abordable. Ce ne sera plus possible avec l’entrée en vigueur de la loi de finance 2026 prévue dans les jours à venir. Désormais, seuls les demandeurs d’emploi inscrits à France Travail conservent le droit d’utiliser leur CPF pour financer l’examen du permis de conduire.
Pour un salarié en poste, utiliser son CPF pour financer son permis B (véhicule léger) ou A (moto) se complique : il lui faut obtenir un cofinancement par un tiers, autrement dit par son employeur, une collectivité territoriale ou encore un organisme public (OPCO, chambre des métiers et de l’artisanat, AGEFIPH, etc.). Par contre, il pourra utiliser son CPF pour financer l’obtention du permis de conduire poids lourd, ce permis étant considéré comme répondant clairement à un besoin professionnel.
Les apprentis perdent un chèque de 500 euros
Autre mesure de financement du permis de conduire qui disparaît dans la loi de finance 2026, la prime de 500 euros réservée aux apprentis. En moyenne, ce sont plus de 62 000 apprentis par an qui ont pu bénéficier de cette aide depuis sa création en 2019.
Plusieurs arguments ont été avancés pour soutenir la disparition de cette aide, comme la rupture d’égalité entre les étudiants, puisque tous n’y ont pas le droit, et l’existence d’autres dispositifs dont peuvent bénéficier les jeunes pour le financement de leur permis de conduire. Le plus connu est certainement le «Permis à un euro par jour», qui consiste en un prêt à taux zéro d’une mensualité de 30 euros, mais il en existe d’autres, notamment au niveau des régions et des départements. Vous pouvez trouver une liste des aides existantes pour le financement du permis de conduire sur le site de FranceTravail.

















