En France, passer son permis de conduire coûte un bras. Les auto-écoles demandent environ 1 400 à 2 000 euros selon le nombre d’heures de conduite, quand il ne faut pas rallonger la durée de formation après avoir échoué à l'examen pratique. Peu de coups de pouce financiers existent et pas d’autre choix, alors, que de passer à la caisse. Cependant, une aide forfaitaire à l'inscription au permis de conduire particulièrement intéressante, avait été prévue pour les jeunes apprentis. Sauf que, plan d’économies oblige, le gouvernement envisage de la supprimer. À en croire le projet de loi de finances 2026, présenté par le Premier ministre Sébastien Lecornu, mardi 14 octobre, ce coup de pouce risque de disparaître dans les prochains mois.

500 euros en moins pour financer son permis de conduire

Assez anecdotique par les économies globales qu’elle pourra générer, soit une quarantaine de millions d’euros par an, la mesure vise dans le détail la suppression, à compter du 1er janvier 2026, de l’aide forfaitaire de 500 euros accordée aux jeunes apprentis de 18 ans et plus pour passer l’examen. Selon l'exécutif qui se justifie ainsi, «cette aide induit une rupture d’égalité vis-à-vis des autres étudiants qui n'en bénéficient pas et n’est ni conditionnée au niveau de ressources de l'apprenti, ni ajustée en fonction des autres aides qu'il perçoit». Et d’ajouter : «elle se superpose avec de nombreux dispositifs existants par ailleurs, financés notamment par les collectivités territoriales ou par l'État», comme le permis à un euro pour les jeunes, le recours au compte personnel de formation (CPF), ou des aides locales, lit-on dans le texte du budget 2026. Sur ce point, il faut toutefois signaler que les conditions d'éligibilité à ces divers coups de pouce ont été durcies en 2024, en imposant par exemple via le CPF un reste à charge de 100 euros, et en écartant du financement des permis moto les personnes déjà titulaires d'un autre permis. Rappelons que l’aide forfaitaire d’une valeur de 500 euros est financée par l’État depuis 2019.

Si cette mesure venait à être votée, les conséquences économiques et sociales en seraient désastreuses selon l’Association des apprentis de France (ANAF). Cette dernière estime qu’elle aggraverait la précarité des jeunes en formation et freinerait la dynamique de l’apprentissage en France. «Cette logique d’égalité nie une réalité concrète : les apprentis doivent se rendre chaque semaine sur leur lieu de travail, souvent éloignés de leur centre de formation, et sont donc potentiellement beaucoup plus dépendants d’un moyen de transport individuel. Cette aide joue un rôle déterminant dans l'accessibilité à l'apprentissage, notamment pour les jeunes vivant en zones rurales et périurbaines, où les transports en commun sont insuffisants voire inexistants.»

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