Le dernier bilan 2025 de l’Observatoire de la Sécurité routière, dévoilé fin janvier, est accablant : 80 utilisateurs de trottinettes électriques et autres engins de déplacement personnel motorisés (EDPM) ont perdu la vie l’an dernier, soit une hausse de 78% en un an. Les blessés graves, eux, sont plus de 1 100 (+33 %). Une flambée de la sinistralité qui s’explique en partie par l’explosion du parc : selon la fédération Mobilians, près de 4 millions de trottinettes électriques circulent aujourd’hui en France.

Les autres usagers des «mobilités douces» n’ont pas été épargnés : 501 piétons (+45 décès sur un an) et 234 cyclistes (+10) ont été tués en 2025. Un contexte accidentogène qui donne l’occasion de revenir sur le fléau de la non-assurance. Selon une étude de l’Ademe publiée en 2024, près de 30% des utilisateurs de trottinettes roulaient sans assurance.

Trottinettes : une obligation d’assurance encore trop méconnue

Vous pensez que votre assurance habitation vous couvre pour vos déplacements en trottinette ? Détrompez-vous. Cette idée reçue est tenace, mais fausse ! Juridiquement, les trottinettes électriques, gyroroues ou hoverboards sont considérés comme des véhicules terrestres à moteur. Exactement comme un scooter. Ils doivent donc être, a minima, assurés en responsabilité civile, l’équivalent d’une assurance «au tiers» pour une automobile.

Pour les trottinettes en libre-service, l’assurance est normalement incluse dans le prix de location ou de l’abonnement. En revanche, si vous possédez votre propre trottinette, même pour un usage très occasionnel, vous devez souscrire une assurance, couvrant au moins les dommages causés à des tiers : piéton renversé, vitrine brisée, etc.

Rouler sans cette assurance obligatoire expose à une amende pouvant atteindre 3 750 euros, voire à la suspension du permis B. En cas de contrôle, vous devez être en mesure de présenter une attestation d’assurance.

Pire, en cas d’accident grave, si vous n’êtes pas assuré, le Fonds de garantie des assurances obligatoires (FGAO) indemnisera la victime à votre place, avant de se retourner contre vous pour récupérer les sommes versées. Des montants qui peuvent atteindre des dizaines, voire des centaines de milliers d’euros si la victime garde des séquelles lourdes.

Vélos électriques : attention aux idées reçues

La confusion vient sans doute des vélos électriques. En effet, pour les vélos à assistance électrique (VAE) limités à 25 km/h, dont le moteur ne fonctionne pas si l’on ne pédale pas, pas d’assurance obligatoire. Comme pour un vélo classique, les dommages causés à autrui sont généralement pris en charge dans le cadre de votre multirisque habitation.

Mais attention aux speed bikes : ces vélos électriques, reconnaissables à leurs grosses roues et capables, eux, de rouler sans pédalage, basculent dans la catégorie des cyclomoteurs. Immatriculation, assurance spécifique et port du casque deviennent alors obligatoires. Une frontière encore mal connue, qui expose à des sanctions et à une absence totale de couverture en cas d'accident.

Que vous rouliez tous les jours ou seulement de temps en temps en trottinette ou à vélo électrique, mieux vaut donc vérifier votre couverture, pour vos propres blessures que pour les accidents que vous pourriez causer. D’autant que le budget reste raisonnable : comptez 30 à 60 euros par an pour une simple Responsabilité civile trottinette, et le double pour une assurance plus complète couvrant aussi le vol, la casse ou vos propres blessures.

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