
A l’approche de la rentrée, alors que les familles affluent dans les rayons des supermarchés, la vigilance s’impose. Entre 2023 et 2024, la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes) a passé au crible 31 références de fournitures scolaires — gommes, stylos, colles, surligneurs, marqueurs, liquides ou correcteurs. Verdict : 14 produits étaient non conformes, dont 9 jugés dangereux, rapporte Le Parisien ce lundi 25 août. Certains ont même fait l'objet d’un rappel.
Les analyses en laboratoire ont révélé des excès de substances chimiques. Certaines, comme le phénoxyéthanol, peuvent entraîner, en cas de taux trop élevé, des lésions oculaires graves. Le propan‑1‑ol est susceptible d’irriter les yeux, tandis que l’octylisothiazolinone est toxique pour la peau et l’environnement. La DGCCRF souligne que «les grands surligneurs de couleur jaune et orange» sont particulièrement concernés, un risque d’autant plus élevé chez les enfants, plus sensibles en raison de leur petite taille. Outre leur composition chimique, certains produits présentaient aussi des défauts d’étiquetage : absence de pictogrammes de danger visibles ou texte en caractères trop petits.
La DGCCRF a adressé 39 avertissements
Face à ces dangers, les professionnels ont souvent procédé au retrait volontaire des produits identifiés. Lorsque cela ne suffisait pas, des mesures officielles ont été prises, comme la saisie de 66 221 surligneurs, 18 000 stylos correcteurs et 6 048 stylos en Ile‑de‑France. Certains produits ont fait l’objet de rappels auprès des consommateurs, comme les surligneurs Expertiz (Aldi, octobre 2023) ou les marqueurs à double pointe vendus par Cultura (rappelés en mars 2024).
Au total, la DGCCRF a émis 39 avertissements, 15 injonctions et établi 3 procès-verbaux pour les manquements les plus graves, notamment sur l’utilisation de substances chimiques dangereuses combinée à un étiquetage non conforme. Certains produits affichaient également des allégations trompeuses, comme «biodégradable» ou «sans PVC ni plastifiant», accrocheuses mais non vérifiées.
Sur le plan légal, ces pratiques peuvent coûter cher aux chefs d’entreprise. Le Code de la consommation prévoit jusqu’à 2 ans de prison et 300 000 euros d’amende en cas de tromperie — portés à 7 ans et 750 000 euros si l’usage dangereux est avéré. Les sanctions peuvent également être proportionnelles au chiffre d'affaires ou aux dépenses publicitaires du contrevenant.

















