Les cigarettes de contrefaçon gagnent du terrain en France. Les ventes officielles chutent, en particulier dans les bureaux de tabac, sous l’effet des hausses de prix successives. Résultat : de plus en plus de fumeurs se tournent vers des circuits d’approvisionnement alternatifs, souvent illégaux — un phénomène particulièrement visible dans les zones frontalières, comme le souligne France 3 Occitanie dimanche 3 août.

Selon les chiffres de l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT), les ventes de tabac dans le réseau des buralistes ont reculé de 11,5% en 2024 par rapport à 2023. Dans le détail, 85% des volumes ont été écoulés dans les départements non-frontaliers (soit 27 932 tonnes), contre 15% dans les zones frontalières (4 914 tonnes). C’est justement dans ces territoires que le marché parallèle explose. «Les fumeurs ne se sentent plus contraints par les injonctions de l’Etat. Ils choisissent eux-mêmes leurs modes de consommation, que ce soit via le marché parallèle ou en explorant de nouveaux produits comme la vape», explique auprès de nos confrères Mélissa Chelbani, responsable des affaires publiques chez Imperial Brands Seita.

Des réseaux de mieux en mieux organisés

En 2024, les douanes ont saisi 489 tonnes de tabac, soit environ 1,6% des volumes écoulés légalement. Ce chiffre s’inscrit dans le cadre de l’opération Colbert III, une mobilisation nationale contre le commerce illégal de tabac. Mais cette quantité saisie ne représente qu’une fraction du trafic réel. D’après des estimations de l’INSEE, de Santé publique France, de l’OFDT et de l’Assemblée nationale, entre 10% et 20% de la consommation totale de tabac en France échapperait aux circuits officiels.

Les méthodes des trafiquants se professionnalisent, à l’image de celles employées dans le trafic de stupéfiants. «Des gros sacs de tabac sont parfois transportés à dos d’homme à travers la montagne. Les réseaux de contrebande sont de mieux en mieux organisés et leurs activités deviennent de plus en plus fréquentes», indique la Direction régionale des douanes de Perpignan.

Alors que la consommation de tabac classique recule, le vapotage, lui, progresse fortement. On dénombre aujourd’hui près de 3 millions de vapoteurs dans l’Hexagone. En 2023, moins d’un quart des adultes âgés de 18 à 75 ans fumaient quotidiennement — le taux le plus bas observé depuis 2000.