
Sommaire
- Ergonomie : une prise en main ultra épurée (3/5)
- Accessoires : le strict minimum (2/5)
- Performances d’aspiration : une efficacité surprenante (4,5/5)
- Bruit : une tête turbulente (2,5/5)
- Autonomie : moins de 20 min d’utilisation pour 3h30 de charge (2,5/5)
- Entretien : une filtration au point, un entretien sans effort (4,5/5)
- Deux alternatives au Tineco A30S
- Conclusion
Filiale d’Ecovacs spécialisée dans les aspirateurs et nettoyeurs sans-fil, Tineco cherche comme beaucoup d’autres à casser les prix pour espérer une percée. L’A30S que nous testons ici – vendu à prix abordable – fait un pari en apparence très simple : minimiser les accessoires, mais maximiser les fonctionnalités pour optimiser l’aspiration et l’entretien.
Quand bien même, sa fiche technique nous a interpellés. Parmi les caractéristiques habituelles se trouvent quelques spécificités du “milieu de gamme” : un capteur intelligent pour adapter la puissance d’aspiration et informer l’utilisateur en temps réel sur le niveau de saleté, complété par une filtration multicyclonique. Ajoutez à cela un système anti-enchevêtrement, une rampe LED ou encore un collecteur généreux d’un litre et vous obtenez un aspirateur balai théoriquement bien doté. Il est maintenant temps de voir ce dont il est capable sur le terrain.
Ergonomie : une prise en main ultra épurée (3/5)
Pas de mauvaise surprise en déballant l’A30S. L’aspirateur balai d’entrée de gamme de Tineco ne fait pas de vagues en matière de qualité de fabrication : son design monochrome, aux lignes arrondies et douces, est suffisamment soigné. Une certaine confiance se dégage de la qualité des pièces et de l’assemblage (une majorité de pièces en plastique, hormis le tube d’aspiration principal), même si on peut déceler de micro défauts çà et là (un poil de “jeu” entre certaines pièces, le bruit des roues). On sent que le châssis de l’aspirateur peut résister à une utilisation régulière pendant plusieurs années… en tout cas si on le préserve des chutes et des chocs.

À ce propos, l’A30S ne présente aucun système sophistiqué pour le ranger en mode parking, que ce soit replié ou debout. L'indéboulonnable socle mural et ses vis sont fournis pour le stocker avec son unique accessoire contre le mur. Question maniabilité, l’A30S n’est pas de ceux qui se font totalement oublier (3,1 kg environ en mode stick). Son agilité n’est pas non plus sensationnelle, mais il faut reconnaître qu’il se laisse diriger sans grande contrainte, grâce à une bonne répartition du poids et un pivot conséquent entre tube et tête d’aspiration. La conception de sa poignée (prise conventionnelle ou par le dessus) offre une prise en main confortable pour chercher la poussière sous les meubles. À défaut d’un tube flexible ou coudé, c’est déjà ça de pris.

Le système d’éclairage n’a rien de bien élaboré non plus. Les trois LED blanches placées à l'extrémité de la tête d’aspiration suffisent pour éclairer un peu les coins les plus sombres, on ne va pas s’en plaindre, mais il ne faut pas trop compter dessus pour distinguer d’un coup d'œil les plus fins déchets. L’A30S pousse son goût de la simplicité jusqu’à son panneau de commande, pour le moins… épuré. Sur l’extrémité de la poignée se trouve un bouton pour mettre en/hors tension l’aspirateur, un autre pour basculer entre les trois modes d’aspiration (Eco, Auto ou Max) et une LED indiquant le niveau de propreté du sol. Rien de plus.

Selon nous, cette approche engendre presque plus d’inconvénients que d’avantages. Oui, l’utilisateur n’est pas pollué par des informations inutiles et oui, quelques dizaines de secondes suffisent pour faire le tour de cet A30S. Néanmoins, en l’absence d’indicateurs supplémentaires, on est obligé de se fier à ses oreilles pour deviner le mode d’aspiration en cours d’utilisation et, plus handicapant encore, il est simplement impossible de suivre correctement l’autonomie restante. Et, vous l’aurez certainement deviné, il n’est pas possible de choisir entre fonctionnement continu ou fractionné : une fois le bouton appuyé, l’aspirateur continue de fonctionner jusqu’à ce qu’on l’arrête (ou une fois la batterie à plat).

La question de la réparabilité pèse aussi, le Tineco A30S ne récoltant qu’une petite note de 6,9/10. En cherchant un peu – le fabricant ne liste aucun accessoire et pièce détachée sur son site pour son aspirateur balai – il est possible de trouver certains éléments sur les sites marchands en ligne, notamment la batterie, mais à un prix relativement élevé vu le coût de l’aspirateur (environ 60 € au moment où nous écrivons ces lignes).
Accessoires : le strict minimum (2/5)
L’A30S est livré avec le minimum du minimum : un accessoire combo suceur long/brosse douce. C’est peu dire que les possibilités d’utilisation sont limitées…

On aurait bien aimé que le fabricant fasse un petit effort sur ce point, d’autant qu’il propose un pack de 4 accessoires supplémentaires en supplément pour moins de 30 euros.
Performances d’aspiration : une efficacité surprenante (4,5/5)
L’unique brosse de l’A30S présageait des résultats hétérogènes, et il faut avouer que nous n’avions pas de grandes attentes sur les performances d’aspiration. Pourtant, cet aspirateur balai d'entrée de gamme de Tineco nous surprend sur deux points. Sur sol dur ou tapis, la grande majorité des poussières et débris sont récoltés lors du premier passage en mode Auto. Un petit coup de poignet supplémentaire suffit dans la plupart des cas à aspirer l’intégralité des saletés, sans basculer en mode Max. Le mode de détection intégré fait bien son travail, en poussant la puissance dès que cela est nécessaire. Et comme celui-ci est présent quel que soit le mode choisi, le mode Eco reste viable si l’on veut opérer un nettoyage de surface.

L’A30S montre une efficacité un brin meilleure sur les moquettes/tapis fins que sur les sols durs, mais la différence n’est pas significative. Celle-ci tient surtout au fait que les roues de la tête d’aspiration ont une petite tendance à retenir certains déchets sur sol dur. On peut aussi observer, très rarement, un léger rejet de quelques débris. Un détail au vu de la performance générale, même s’il faut le signaler.

Sans surprise, nettoyer convenablement un tapis à poils longs requiert plus d’effort. Le mode Auto offre de bons résultats, même s’il nous a fallu plus d’une bonne minute pour décrocher la plupart des saletés sur notre surface de test. Basculer en mode Max peut faire gagner quelques dizaines de secondes pour le même effet, et vu la durée d’utilisation dans ce mode, le jeu n’en vaut pas toujours la chandelle. Quoi qu’il en soit, il s’agit d’un résultat plus que satisfaisant pour un aspirateur balai de ce calibre.
Bruit : une tête turbulente (2,5/5)
L’A30S, comme le Shark PowerPro récemment passé sur notre banc de test, souffre d’un mal commun en matière de nuisance sonore : une tête d’aspiration particulièrement audible en fonctionnement. Tant qu’on s’en tient à une utilisation aspirateur main, l’A30S reste sage. La nuisance sonore ne dépasse pas 66,6 - 69 dB SPL (A) en mode Auto, qu’il soit à un mètre ou directement à portée de main. Le son produit se caractérise par un souffle assez diffus, supplémenté par un sifflement principal dans les médiums, bien audible, mais suffisamment contenu pour ne pas être fatigant.

La donne change drastiquement en mode aspirateur balai, notamment par la nuisance créée par la rotation de la brosse sur sol dur, dont les composantes se situent dans la zone de sensibilité maximale de l’audition humaine. L’intensité du bruit généré par l’aspirateur grimpe en flèche, en témoigne la mesure au sonomètre qui affiche 78 dB (A) environ à 1 m.

La nuisance causée est fatigante (résonance grave couplée à deux “sifflements” plus aigus), aussi bien pour l’utilisateur que pour les autres personnes dans la pièce. L’utilisation sur tapis permet de faire une pause puisque la surface atténue assez nettement les deux sifflements, entre autres. Ainsi, le résultat est plus acceptable avec environ 73 dB.
Autonomie : moins de 20 min d’utilisation pour 3h30 de charge (2,5/5)
L’A30S n’est pas un grand marathonien. Tineco revendique jusqu’à 1h d’utilisation pour son aspirateur balai, mais dans la configuration la moins énergivore, à savoir sans tête d’aspiration motorisée et en mode Eco. Pour donner des valeurs plus représentatives, nous avons mesuré une autonomie pouvant aller d’environ 35 minutes à 11 minutes, avec une moyenne de 18 minutes en mode auto et en configuration stick.

C’est un résultat léger, on aurait apprécié une petite demi-heure d’autonomie en mode Auto, et surtout, un temps de recharge nettement moins important. La batterie de l’A30S requiert en effet un peu plus de 3h30 pour être chargée à bloc, une fois totalement vidée.
Entretien : une filtration au point, un entretien sans effort (4,5/5)
Comme promis, nul besoin de garder un œil constant sur le Tineco A30S pour s’assurer un fonctionnement optimal. La filtration multicyclonique de l’aspirateur s’est avérée à la hauteur des attentes : le filtre HEPA est resté intact à l’issue d’une grosse semaine d’utilisation intensive et de notre stress test, tandis que le filtre mousse a capté une quantité infinitésimale de particules fines (0,5 % sur notre stress test). Un entretien mensuel suffira.

Second élément qui nécessite une certaine vigilance, la tête d’aspiration. Là encore, l’A30S facilite la vie de l’utilisateur avec un système anti-enchevêtrement efficace. Le peigne intégré limite fortement les risques d’emmêlement des poils et cheveux. On a connu des systèmes encore plus redoutables, mais cela reste une belle surprise pour un aspirateur balai de cet acabit. Là encore, un petit coup d’œil après deux ou trois semaines d’utilisation intensive suffit.

Pour compléter ce joli tableau, le démontage et l’accès aux différentes parties à entretenir se font sans difficulté. On extirpe la brosse, les filtres et le collecteur sans outils, en peu de temps. Le généreux collecteur de 1L ne dispose pas de système sophistiqué pour l’ouvrir, ni pour optimiser l’expulsion des moutons de poussières qui restent parfois agrippés. Une fois le levier poussé pour faire tomber le fond (inutile de retirer le collecteur du bloc principal pour cela), on doit parfois aller les chercher à la main. Ce n’est pas idéal, mais c’est malheureusement chose commune sur de nombreux modèles.
Deux alternatives au Tineco A30S
Xiaomi G20 Max
Pour un tarif presque équivalent, le G20 Max de Xiaomi offre une belle prestation globale, plus équilibrée que son rival sur la plupart des points. Ses performances d’aspiration sont moins étonnantes, mais tout de même très correctes, il maîtrise mieux son bruit sur sol dur, et vient avec beaucoup plus d’accessoires. L’impossibilité de détacher sa batterie (et sa très faible réparabilité) nous empêche néanmoins de le recommander sans réserve.
- Lire notre test complet du Xiaomi G20 Max
Ultenic U16 Flex
Si votre budget est encore plus serré, le temps des compromis est plus que jamais venu. Cependant, on peut vous recommander de jeter un œil à l’Ultenic U16 Flex. Ce modèle n’est certes pas aussi performant que l’A30S sur l’aspiration et la filtration, et sa qualité de conception est plus humble, mais il offre globalement une expérience honnête pour son prix.
Conclusion
L’A30S n’est pas parfait et on voit bien les concessions faites par Tineco pour réussir ce qui reste tout de même un joli tour de force : presque aucun accessoire, certes, mais aussi une autonomie limitée, une tête d’aspiration bruyante sur sol dur et une interface trop simplifiée. Ces points noirs sont fortement compensés par l’efficacité de ce modèle en matière d’aspiration et de filtration, étonnement bonne surtout pour un aspirateur balai à ce tarif. À vous de peser le poids de ses limitations en fonction de votre usage. En tout cas, il est clair que vous trouverez difficilement un aspirateur balai aussi performant dans cette gamme de prix…
- Ergonomie : 3/5
- Accessoires : 2/5
- Performances d’aspiration : 4,5/5
- Bruit : 2,5/5
- Autonomie : 2,5/5
- Entretien : 4,5/5
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