
Sommaire
- Design et connectique : retour en 2015 (3/5)
- Écran : un choix discutable, même à ce prix (2,5/5)
- Performances : taillé pour les usages classiques (2/5)
- Photo : pour les clichés occasionnels (2/5)
- Autonomie et recharge : de quoi tenir un peu plus d’une journée (3,5/5)
- Durabilité et réparabilité : un suivi des mises à jour trop court (3,5/5)
- Les meilleures alternatives au Xiaomi Redmi A5 4G
- Conclusion
Ce n’est pas avec ses smartphones haut de gamme que Xiaomi s’est taillé une solide réputation. La marque chinoise a réussi à convaincre le cœur des utilisateurs en proposant des modèles très abordables mais aux caractéristiques suffisamment solides pour aboutir à un excellent rapport qualité-prix. La stratégie a évolué depuis avec un catalogue qui met largement en avant les modèles haut de gamme mais qui ne délaisse pas pour autant les utilisateurs moins fortunés. C’est ainsi à eux que se destine la gamme Redmi Note, comme le Redmi Note 15 Pro 5G que nous avons testé récemment, mais aussi, encore moins cher, ce Redmi A5. Un mobile dont l’ambition n’est autre que de fournir le minimum vital pour moins d’une centaine d’euros (actuellement). Pour ce prix, pas d’écran OLED ni de connexion 5G, pas plus que de fonctions IA ou de capteurs photo multiples. Le Redmi A5 va à l’essentiel, sans chichi. Mais les sacrifices opérés ne sont-ils pas trop nombreux pour les usages d’un smartphone en 2026, même pour les tout petits budgets ?
Design et connectique : retour en 2015 (3/5)
À l’heure actuelle, tous les constructeurs de smartphones, Xiaomi compris, ont une obsession : la finesse. Pour ce Redmi A5, la marque n’a que faire de cette compétition. L’appareil ressemble à un modèle lancé il y a une dizaine d’années. Le gabarit se montre très généreux avec ses 173,3 mm de haut pour 79,4 mm de large et son épaisseur de 8,26 mm. Le smartphone n’est vraiment pas adapté aux petites mains. Le poids est également à l’avenant. Avec ses 198 g, il se situe dans la moyenne des grands modèles actuels.

Les finitions demeurent toutefois très soignées avec un dos en plastique réussi. De couleur noir mat sur notre exemplaire, il se décline en vert ou or. L’assemblage ne souffre d’aucun raccord disgracieux. L'îlot photo, en forme de grosse pilule, profite d’un cerclage doré assez élégant. Aussi, de dos, le Redmi A5 fait-il parfaitement illusion et n’a rien à envier à des modèles un peu plus chers. Attention toutefois à ne pas le faire tomber dans l’eau. Il affiche un indice IP54 et peut résister à la poussière et aux éclaboussures mais guère plus.
Sur la tranche inférieure, Xiaomi a réussi à caser une prise mini-jack que l’on ne croise plus aujourd’hui sur la majorité des mobiles (ils ne sont plus assez épais pour ça). Elle permet d’y brancher un casque ou des écouteurs filaires en analogique. Xiaomi fournit d'ailleurs une application de radio fm qui ne fonctionne que si des écouteurs ou un casque sont branchés.

De quoi relier ce smartphone au monde moderne ? Pas vraiment. Côté connectique, c’est un brin trop léger. Si l’on conçoit que la 5G ne soit pas au rendez-vous, on a plus de mal à renoncer à l’absence d’une puce NFC pour les paiements ou l’utilisation de pass de transport en commun. Le Wi-Fi s’est arrêté à la version 5 et le Bluetooth à la mouture 5.2. On apprécie en revanche la possibilité de glisser deux cartes nano-SIM et même, en sus, une carte mémoire microSD pour étendre le stockage jusqu’à 1 To.
Reste le lecteur d’empreinte digitale. Il se niche à la surface du bouton de mise sous tension et se montre assez réactif. Une prestation qui demeure donc honnête en matière de design et de connectique, même si celle-ci nous propulse un peu dans le passé.
Écran : un choix discutable, même à ce prix (2,5/5)
Une fois allumé, le Redmi A5 ne peut définitivement plus dissimuler son rang. Il embarque une dalle LCD de 6,88 pouces très loin de recouvrir complètement la face avant de l’appareil. Les bords sont très épais (4 mm) et laissent au bas de l’appareil un menton (une zone noire plus large) de 7 mm. Au sommet, il présente une grosse encoche en goutte d’eau pour laisser place à la caméra selfie. Ici encore, les sacrifices consentis pour aboutir à un prix bas conduisent à un aspect plutôt vintage.
Côté technique ce n’est pas très glorieux non plus. La dalle affiche une définition assez basse avec 1640 x 720 pixels pour une résolution de seulement 260 ppp. Il en résulte à l’écran des icônes volumineuses mais qui conservent une définition convenable. N’espérez pas en revanche y lire des vidéos en streaming en très haute définition. Et si la dalle fait aussi l’impasse sur le HDR, elle permet de modifier manuellement le taux de rafraîchissement de 60 Hz à 120 Hz pour gagner en fluidité. En revanche, les angles de vision sont plus restreints qu’avec de l’OLED. L’écran s’assombrit lorsque l’on ne se place pas bien en face.

Malgré les atouts potentiels du LCD dans ce domaine, la luminosité reste en berne. Nous avons mesuré 402 cd/m2 (en SDR) au maximum, soit légèrement au-dessous des 450 cd/m2 annoncés par la marque. Avec le mode « Luminosité en extérieur » activé, notre sonde a relevé un pic à 671 cd/m2. On note au passage que le mode « Luminosité adaptative » proposé n’est pas dynamique. Il faut basculer le smartphone en veille puis le réveiller pour que la luminosité de l’écran s’adapte aux conditions ambiantes. Sous une forte lumière, ce mode s’avère moins performant que le mode Luminosité en extérieur. À noter qu'il nous est arrivé de ne pas pouvoir activer ce dernier pour cause de surchauffe. Étrange alors que l’appareil affichait une température externe de 31°C.
Quoi qu’il en soit, ces mesures sont très éloignées de celles que l’on peut relever avec des smartphones plus dans l’ère du temps (1500 cd/m2 et bien plus). Sous un soleil ardent, il n’est donc pas toujours aisé de lire ce qui s’affiche à l’écran.
Bonne surprise en matière de fidélité des couleurs néanmoins. Notre sonde a mesuré un Delta E à 3,48 ce qui s'avère excellent, surtout pour un mobile de cette catégorie.
Performances : taillé pour les usages classiques (2/5)
La majorité des smartphones moyen et haut de gamme se partagent entre les SoC Qualcomm et MediaTek (et Exynos pour Samsung). Sur ce Redmi A5, il faudra composer avec une puce Unisoc T7250. Un processeur d’entrée de gamme doté de huit cœurs (deux Cortex-A75 à 1,8 GHz et six Cortex-A55 à 1,6 GHz) associés à un GPU Mali-G57 MP1. Cette puce est gravée en 12 nm. Pour référence, les SoC les plus performants et économes actuellement disponibles sont gravés en 3 nm. Pour l’exercice, le T7250 d’Unisoc est épaulé par 4 Go de RAM et 128 Go d’espace de stockage. Xiaomi propose une variante 3 Go-64 Go de son Redmi A5 que nous vous déconseillons.
Évidemment, les performances de ce processeur reflètent le prix payé pour l’appareil. Il y a longtemps que nous n’avions pas constaté de scores aussi bas avec nos différents benchmarks.
Au quotidien, cela se traduit par des ralentissements ici et là lors de l’ouverture d’applis, des latences lors du maniement de l’appareil photo, quelques saccades lors de la lecture de pages Web un peu chargées, etc. Rien qui n’empêche d’utiliser le smartphone mais cela perturbe un peu. Surtout, ces lenteurs risquent d'augmenter au fur et à mesure que vous ajoutez des applications et des tâches de fond.
Un Android allégé à la barre
Avec une configuration aussi légère, impossible de faire tourner la même version d’Android que sur les smartphones mieux lotis. En conséquence, l’animation est ici confiée à Android Go edition en version 15. Il s’agit d’une déclinaison du système de Google spécialement conçue pour les mobiles de cette catégorie. Nulle trace de surcouche logicielle maison (HyperOS). Avec Android Go, on se sépare des animations pendant les transitions, de la possibilité de disposer de plusieurs comptes utilisateurs sur le même appareil, des applis par défaut comme Google Photos (remplacée par l’application Galerie de Google) de la navigation avec Maps, etc. Il est toujours possible de télécharger les applis habituelles mais elles risquent de mal fonctionner.
Quant à d'éventuelles fonctions IA, n’y pensez pas. Il n’y en a aucune, ou presque (la marque évoque l'IA pour la partie photo, notamment). En revanche, on trouve en pagaille quantité d’applis tierces préinstallées (18 en tout), dont de nombreux jeux. Il est heureusement possible de s’en débarrasser pour regagner de la place dans l’espace de stockage.
Photo : pour les clichés occasionnels (2/5)
Les apparences peuvent être trompeuses. Si le dos du Redmi A5 présente deux modules photo, seul l’un d’entre eux est vraiment exploitable. Le second ne sert qu’à calculer la profondeur de champ. Aussi, l’appareil mise tout sur un grand-angle doté d’un capteur de 32 Mpx et ouvrant à f/2,0. En façade, une caméra selfie de 8 Mpx (f/2,0) est à la manœuvre.

Avec la mire de notre laboratoire, les clichés délivrés par ce Redmi A5 montrent rapidement les limites de l’appareil. S’ils peuvent faire illusion sur un petit écran, une fois affichés en grand, ils s’avèrent en réalité assez peu détaillés. Par ailleurs, la netteté, présente au centre de l’image, tend à s’estomper sur les bords, signe d'un objectif de qualité moyenne. Il est possible de profiter de toute la définition du capteur (soit 32 Mpx) mais les résultats ne sont pas vraiment meilleurs en termes de piqué.
La gamme dynamique est également limitée, on manque clairement de détails et nuances dans les zones les plus claires et sombres des images. Le montée en sensibilité du capteur ne joue pas non plus en la faveur du Redmi A5. Un lissage très prononcé intervient même lorsque les conditions de lumière sont favorables, signe d'une augmentation rapide du bruit numérique et donc de performances limitées en basse lumière. Mais surtout, l'obturateur est limité à 1/250s ce qui est vraiment trop faible à l'usage car cela engendre une tendance à la surexposition des images quand l'ambiance est trop lumineuse. C'est la plus grande faille du A5 en photo.

Dans ce contexte, le capteur grand-angle du Redmi A5 peut suffire pour des usages ponctuels quand la lumière est au rendez-vous et pour publier sur les réseaux sociaux, mais guère plus. Si la lumière vient à décliner, il peut rapidement perdre pied. S'il y a trop de lumière, il peut brûler les images.
En l’absence d’autres modules photo (ultra grand-angle, zoom ou même macro), il ne conviendra pas à ceux qui cherchent un minimum de polyvalence. En revanche, pour les portraits, il reste suffisant. Il peut produire des clichés relativement propres, contrastés, avec un effet bokeh ajustable manuellement.

Pour le prix, difficile de trop en demander, mais on aurait apprécié que Xiaomi fasse un petit effort car la prestation est tout de même très limitée.
Autonomie et recharge : de quoi tenir un peu plus d’une journée (3,5/5)
Pour alimenter ce modèle d’entrée de gamme, Xiaomi joue une partition assez classique. Le Redmi A5 se dote d’une batterie de 5200 mAh. Avec notre test de lecture vidéo en streaming (en 1080p et non en 4K puisque ce format n’est pas supporté par l’écran), l’appareil a jeté l’éponge au bout de 17h06. Une performance honorable due, selon toute vraisemblance, à la faible consommation du processeur Unisoc. Dans la réalité, cela se traduit par une journée et demie d’utilisation en alternant entre streaming vidéo, réseaux sociaux, Web, messagerie et photo.
Pour la recharge en revanche, il faudra se montrer très patient. Le Redmi A5 accepte une recharge filaire jusqu’à 15W. Branché à un chargeur Anker 100W, l’appareil a récupéré 14 % de batterie en 15 minutes. Le temps s’écoule doucement pour atteindre 57 % d’autonomie au bout d’une heure et 100 % après 140 minutes interminables. Un quart d’heure a été nécessaire pour passer de 99 à 100 %. Mieux vaut donc anticiper.
Durabilité et réparabilité : un suivi des mises à jour trop court (3,5/5)
Plus on descend en gamme, moins les constructeurs se montrent généreux quant au suivi des mises à jour. Xiaomi ne déroge pas à la règle pour ce Redmi A5 qui devra se contenter de trois ans de mises à jour logicielles et six ans de correctifs de sécurité.

Il obtient un C sur le critère de réparabilité sur l’étiquette Énergie. L’appareil se rattrape avec une bonne note (A) concernant la résistance aux chutes et une résistance moyenne aux rayures (5/10). Finalement, il obtient la note tout de même très acceptable de B.
Les meilleures alternatives au Xiaomi Redmi A5 4G
Xiaomi Redmi 15C : le cran au-dessus du même constructeur
C’est presque une coutume chez Xiaomi : proposer des smartphones différents à des tarifs presque similaires. C’est le cas du Redmi 15C doté d’un SoC plus performant, du NFC, d’un appareil photo 50 Mpx et d’une batterie de 6000 mAh avec une charge à 33W pour quelques euros de plus.
Samsung Galaxy A17 : bien plus cher, mais bien meilleur
Disponible en version 5G ou 4G moins onéreuse, le Galaxy A17 de Samsung reste assez abordable et propose un niveau de prestation plus élevé. Trois capteurs photo, un SoC MediaTek G99, écran AMOLED 6,7 pouces, finitions impeccables… il se déniche sur le Web à un prix bien plus élevé mais il en vaut la peine.
Conclusion
Affiché au tarif officiel de 123 euros sur le site de Xiaomi, le Redmi A5 se négocie bien moins cher ailleurs sur le Web (aux alentours de 70 euros actuellement). Et c’est ce qui le sauve. Il peut alors permettre d’équiper à moindre coût un jeune ado ou de satisfaire quiconque ne souhaite que le minimum pour communiquer et rester un peu connecté. Ce n’est ni une bête de course, ni un photographe dans l’âme. Mais il a pour lui un look moderne (de dos) et une autonomie suffisante pour encaisser sans broncher une longue journée d’activité. En revanche, avec un écran peu lumineux, un processeur assez mou qu'il faudra éviter de surcharger et un volet photo très limité, la prestation est trop juste pour être véritablement recommandable. Si pour vous, le minimum est un appareil fluide, confortable pour regarder des séries dans les transports et prendre quelques photos, alors il vaut mieux investir davantage. Pour un peu plus cher (le double du prix du A5, certes), mieux vaut se tourner vers un Samsung Galaxy A17 ou même son prédécesseur, le Galaxy A16, plus polyvalent.
- Design et connectique : 3/5
- Écran : 2,5/5
- Performances : 2/5
- Photo : 2/5
- Autonomie : 3,5/5
- Réparabilité : 3,5/5
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