Tout le monde n'a pas besoin d'un smartphone dernier cri bardé de fonctionnalités. Certains cherchent aussi des modèles d'entrée de gamme seulement capables d'assurer l'essentiel. C'est précisément dans cette logique que s'inscrit le Redmi A5, un modèle dont le prix oscille actuellement entre 70 et 90 euros selon les promotions. La promesse est claire : fournir le basique, en sacrifiant tout le superflu. La question est de savoir si l'expérience utilisateur reste acceptable au quotidien ou si les sacrifices matériels transforment l'économie réalisée en frustration. Voici notre avis après avoir testé ce modèle.

Le compromis poussé à l'extrême

Esthétiquement, le Redmi A5 souffle le chaud et le froid. Son dos en plastique mat est soignée, mais sa face avant trahit immédiatement son positionnement tarifaire. Les bordures sont épaisses et le format encoche daté. Dépourvu de connectivités modernes comme le NFC pour le paiement sans contact ou la compatibilité 5G, il conserve néanmoins des atouts pratiques. Port mini-jack, du support double SIM et de l'extension d'espace de stockage via microSD… Autant d'éléments bienvenus. Sinon, l'autonomie est son vrai point fort. Nos mesures ont validé une endurance très confortable d'une journée et demie en usage mixte. C'est rendu possible par une batterie de 5200 mAh et des composants peu énergivores. Il faudra cependant s'armer de patience lors du passage sur secteur, la charge plafonnant à 15 W exigeant plus de deux heures pour un cycle complet.

C'est lors de la prise en main logicielle et multimédia que le bât blesse véritablement. Le Redmi A5 est animé par la puce Unisoc T7250 et fonctionne sous Android Go. C'est une version allégée du système d'exploitation de Google. Nos tests ont mis en évidence des ralentissements réguliers lors de la navigation Web ou du lancement des applications. L'affichage repose sur une grande dalle LCD de 6,88 pouces qui manque cruellement de luminosité (mesurée à seulement 402 cd/m²). Le volet photographique suit la même trajectoire : l'unique capteur exploitable de 32 mégapixels prend des clichés juste acceptables en plein jour. Il peine dès que la lumière baisse ou, au contraire, s'avère trop intense (engendrant des surexpositions).

Alors, faut-il craquer pour ce modèle à moins de 90 euros ? Selon nous, l'appareil conviendra à une cible très restreinte. C'est un choix pertinent comme premier téléphone basique pour un jeune, ou comme terminal d'appoint pour quiconque recherche uniquement les fonctions de communication classiques. En revanche, pour un public espérant un minimum de fluidité, un écran confortable pour le visionnage de vidéos ou des capacités photographiques décentes, les concessions sont trop nombreuses. Dans ce cas de figure, mieux vaut payer un peu plus cher si possible, pour s'offrir un smartphone de meilleur facture.

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