Nommé guide suprême de l'Iran le 8 mars après la mort de son père lors de l'offensive israélo-américaine contre son pays, Mojtaba Khamenei apparaît désormais comme l'homme fort de la République islamique. L'homme met en avant son attachement à la religion, mais il serait en fait impliqué dans un puissant réseau d'affaires. Comme le relaie le Huffington Post, une enquête du média américain Bloomberg affirme que le nouveau guide suprême serait lié à un vaste portefeuille d'investissements immobiliers à l'étranger. A Londres seulement, une douzaine de propriétés lui seraient associées, pour une valeur estimée à environ 115 millions d'euros.

Ces biens feraient partie d'un empire immobilier bien plus large. Toujours selon Bloomberg, Mojtaba Khamenei posséderait également une villa à Dubaï ainsi que des hôtels de luxe en Allemagne et en Espagne. L'une des propriétés londoniennes, achetée pour 34 millions de livres en 2014, se situerait dans un quartier particulièrement huppé de la capitale britannique. Deux appartements seraient même situés à proximité immédiate de l'ambassade israélienne, dans les jardins du palais de Kensington, selon le média britannique The Telegraph.

Un réseau opaque de sociétés et d'intermédiaires

L'ampleur exacte de cette fortune reste toutefois difficile à établir. Comme l'écrit le Huffington Post, la plupart des biens seraient détenus via des sociétés écrans et des prête-noms, ce qui empêche de relier directement ces actifs au chef religieux iranien. «Mojtaba détient des participations importantes, voire un contrôle de facto, dans diverses entités en Iran et à l'étranger», observe ainsi Farzin Nadimi, chercheur principal au Washington Institute for Near East Policy, auprès de Bloomberg.

Au cœur de ce dispositif figure un intermédiaire clé : l'homme d’affaires Ali Ansari. Présenté comme l'un des oligarques les plus influents d'Iran, ce dernier aurait joué un rôle central dans l'acquisition de nombreux actifs à l'étranger, notamment via un réseau d’entreprises. Selon Bloomberg, ces structures auraient également permis d'acheminer des fonds issus de la vente de pétrole iranien vers les marchés occidentaux, contournant ainsi les sanctions internationales. Le gouvernement britannique a d’ailleurs sanctionné Ali Ansari en 2025 : ses avoirs ont été gelés et il lui est désormais interdit de voyager au Royaume-Uni.