
Les pilotes d’Air France tirent la sonnette d’alarme. En cause : le radar météo Honeywell équipant les Airbus A350. Présenté comme un outil de dernière génération, doté d’un affichage 3D et d’aides à la décision avancées, cet équipement est aujourd’hui accusé de manquer de fiabilité. Selon des informations révélées par Le Parisien, les pilotes dénoncent des «défaillances critiques et régulières» du radar, qui fournirait parfois une image erronée de la situation météorologique.
Le problème apparaîtrait surtout au-delà de 80 milles nautiques, soit environ 150 kilomètres, avec une tendance à sous-estimer l’intensité réelle des phénomènes rencontrés. Un défaut loin d’être anodin, car il limiterait la capacité des équipages à anticiper et à éviter des zones dangereuses, comme les fortes turbulences, les cumulonimbus ou la grêle. La Commission santé, sécurité et conditions de travail (CSSCT) des pilotes d’Air France alerte sur un risque accru pour la sécurité des vols. La compagnie exploite aujourd’hui près d'une cinquantaine d'A350, et d’autres appareils doivent encore rejoindre la flotte.
Un «avis de danger grave et imminent» émis
Le problème ne se limiterait d’ailleurs pas à Air France : l’ensemble des compagnies exploitant cet avion seraient concernées, alors que plus de 680 A350 volent actuellement dans le monde. Selon nos confrères, les incidents se multiplient et plusieurs dizaines de rapports de sécurité ont déjà été transmise par des pilotes d’Air France à leur direction. Le 16 décembre 2025, la CSSCT a même émis un «avis de danger grave et imminent», transmis à la direction et à l’Inspection du travail, évoquant explicitement une menace pour la sécurité des passagers et des équipages.
Face à la situation, des mesures provisoires ont été mises en place. Airbus et Air France ont diffusé une note opérationnelle signalant une performance réduite du radar au-delà de 80 milles nautiques et appelant les équipages à redoubler de vigilance. Les pilotes ont également reçu pour consigne d’éviter certaines zones hachurées affichées par le radar. Airbus assure être informé du problème depuis 2023 et affirme qu’il n’existe «pas de risque de sécurité critique», une analyse partagée par l’Agence européenne de la sécurité aérienne.
De son côté, le fabricant américain Honeywell a lancé un programme d’amélioration du radar, avec une mise à jour attendue. Mais les correctifs définitifs ne seraient déployés sur les flottes qu’à partir de mi-2026, un délai jugé préoccupant par plusieurs compagnies, dont Air France.
















