
Pour Léa Ligny, c’est une décision incompréhensible : cette jeune femme de 24 ans est amputée d’une jambe et souffre de problèmes cardiaques, et pourtant, elle ne peut plus percevoir l’allocation aux adultes handicapés (AAH). Originaire de la petite commune du Manoir-sur-Seine dans l’Eure, elle tombe des nues lorsqu’elle reçoit, fin février, un courrier de la maison départementale des personnes handicapées (MDPH) l’informant de la suppression de son AAH, relate ici Normandie ce jeudi 20 mars.
Or, cette aide, qui s’élevait à 1 016,05 euros mensuels, représentait sa seule source de revenus. Dans cette lettre datée du 25 février 2025, la MDPH de l’Eure explique que la commission des droits et de l'autonomie et des personnes handicapées reconnaît que la jeune femme a «des difficultés entraînant une gêne notable dans (sa) vie sociale». Mais elle estime que la situation de handicap de Léa Ligny «n'interdit pas l'accès ou le maintien dans l'emploi pour une durée supérieure ou égale à un mi-temps».
«Je n'ai plus d'AAH, je n'ai plus rien»
La demande d’AAH, déposée par la jeune femme il y a un an, a donc été rejetée. Une décision que Léa Ligny, amputée de la jambe droite au-dessus du genou, juge injuste. «Je n'ai plus d'AAH, je n'ai plus rien. On me l'a refusée parce que, pour eux, je peux travailler», témoigne-t-elle auprès de nos confrères. «Quand on est amputé, on est amputé pour la vie», s’insurge sa mère. «Elle est cardiaque de naissance, son cœur n'ira jamais bien. J'espère qu'eux vont lui trouver un travail. Nous, on n'en a pas trouvé parce qu'elle est trop fatiguée», ajoute-t-elle.
La mère déplore également l’obligation de déposer une nouvelle demande d’AAH tous les cinq ans. «Sa jambe ne repoussera pas, son cœur sera toujours malade, mais il faut en refaire tous les cinq ans !», regrette-t-elle d’autant plus que la famille a déménagé et a dû transférer son dossier d'une MDPH à une autre. «Une galère», confie la jeune femme, qui a vu son taux d'invalidité passer de 80% ou plus à supérieur ou égal à 50% et inférieur à 80%.
Pourtant, «il n'y a rien qui a changé, j'ai toujours le même handicap, j'ai toujours autant de problèmes. Je ne suis pas assez handicapée pour eux. Apparemment, je suis normale», soutient-elle. Pour contester cette décision, Léa Ligny a déposé un recours devant la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées de l'Eure.


















