D’un côté, la Bourse de Commerce-Pinault Collection, ancienne halle au blé du XVIIIe siècle, cylindrique et tout d’une pièce ; de l’autre, la Fondation Louis Vuitton, vaisseau audacieux et déstructuré. Ces deux emblèmes parisiens, voire français, de la modernité sont aussi les signes les plus apparents de la rivalité, féroce et feutrée, qui a opposé, sur le plan des affaires comme sur le terrain symbolique de l’art, la sixième et la première fortune française.

Faut-il en parler au passé ? François Pinault s’est officiellement retiré de la mêlée et Bernard Arnault, toujours aux manettes, a assuré sa succession. De plus, les deux empereurs du luxe et de la distribution ont conclu la paix en 2009, lors d’un déjeuner très médiatisé. Mais les lignes de front restent apparentes comme si, géographiquement, ils étaient inséparables.

Le siège social de la holding de la famille Pinault, Kering, occupe depuis 2016 l’ancien hôpital Laennec, au 40, rue de Sèvres, à Paris. Il est donc mitoyen du Bon Marché, grand magasin Art déco propriété de LVMH. François Pinault a toujours son bureau au siège d’Artémis, ­seconde holding du groupe, rue François-Ier (Paris VIIe). L’hôtel de Clermont-Tonnerre n’est qu’à une cinquantaine de mètres du siège de LVMH. Concomitance des calendriers, là encore, la Samari­taine, dernier ­trophée LVMH, a été inaugurée par Emma­nuel Macron et Bernard Arnault presque un mois jour pour jour après l’ouverture de la Bourse de Commerce-Pinault Collection. Qui se trouve à quelques minutes à pied.

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