
L'info était fausse, mais elle a tout de même été massivement relayée pendant plusieurs jours sur les réseaux sociaux : l'entreprise Coca-Cola aurait licencié ses salariés sans-papiers puis les aurait dénoncés auprès des services d'immigration américains, dans la foulée de l'élection de Donald Trump. Si la polémique n'a que très modérément atteint la France, les internautes de nombreux autres pays ont multiplié les appels au boycott sur les réseaux sociaux. Certains avançaient même que l'entreprise avait dû s'excuser auprès de la communauté latino pour ne pas ternir son image.
Mais, comme l'indique 20 minutes, ce «grand ménage» chez le géant américain du soda a été inventé de toutes pièces. Coca-Cola, dès le début de la polémique, a été catégorique : «L’accusation selon laquelle la société Coca-Cola aurait fait appel aux services de l’immigration pour l’aider à se séparer de ses travailleurs sans papiers est totalement fausse.» De fait, comme le relève 20 minutes, les licenciements de masse et expulsions d'immigrés étant des informations publiques aux Etats-Unis, rien ne corroborait ces accusations.
L'usine texane incriminée n'existe pas
Une simple vérification a suffi à «débunker» cette information : les prétendues excuses présentées par l'entreprise, dont il n'existe aucune trace. Ni communiqué de presse, ni post sur les réseaux, aucun message sur le site de Coca. Les accusateurs de l'entreprise évoquaient également une usine texane particulièrement touchée par ce «nettoyage» et appelée Cerberus. Or, cette usine n'existe pas. Il semblerait que toute cette polémique soit en fait le résultat d'un malentendu : la communauté latino-américaine, depuis plusieurs semaines, interpelle de nombreuses entreprises sur le manque de diversité dans leurs effectifs, menaçant de boycott celles qui ne feraient pas assez d'efforts en ce sens. Un appel – sciemment ? - mal interprété.

















