
Le clin d'œil humoristique de Philippe Eliakim
Plus encore que le passé hôtelier du ministre de l’Intérieur, c’est cette interrogation qui devrait tarauder aujourd’hui les machos et les féministes, car il s’agit de choses sérieuses, pas de galipettes supposées avec une ancienne escort-girl. Une maladie qui a enterré 600.000personnes et flanqué par terre l’économie d’une planète entière a le droit à un genre solide, c’est le moins qu’on lui doive, non ? Il ne s’agirait pas qu’elle devienne un demi-sel du dictionnaire, comme les alvéole, effluve, réglisse et oasis, dont même les professeurs de français peinent à trouver les articles.
Or, franchement, on s’y perd un peu. Au début, le masculin semblait résolument l’emporter, après tout c’était naturel, un nouveau massacreur débarquait sur la Terre, on n’allait tout de même pas l’appeler Mademoiselle. Seulement, à la mi-mai, l’Académie française est venue tout chambouler. Ta-ta-ta-ta, ont tranché les épées, puisqu’il s’agit d’UNE maladie, il faut dire LA Covid, rompez les rangs et exécution ! Atoutes fins utiles, précisons que la décision de féminiser le pire fléau de ces dernières décennies ne provient pas à proprement parler de cette assemblée très masculine : ces vénérables étant tous en vacances, c’est leur secrétaire perpétuel (désolé, c’est comme ça qu’on écrit), la dénommée Hélène Carrère d’Encausse, qui a pris seule la décision. On n’est jamais trahi que par les siennes.
Depuis, c’est le bazar à OK Covid. Certains commentateurs, respectueux de l’autorité, se sont mis à parler du tueur comme d’une tueuse, quand d’autres demeurent obstinément fidèles au camp d’en face, cela donne lieu à des échanges tirés

