Vladimir Poutine a décrété la mobilisation des citoyens pour le front ukrainien mercredi dernier. Une mobilisation qui n'est que partielle car elle ne concerne que les réservistes et qui est perçue, par certains, comme une tentative désespérée pour renverser la vapeur dans sa longue et brutale guerre contre l'Ukraine. Sur un autre terrain, le président russe mène aussi bataille : il cherche à convaincre le peuple russe des mérites et des risques de la conscription. Cette bataille se déroule sur le service de messagerie cryptée Telegram, où des acteurs pro-Poutine diffusent la propagande de leur parti et où des forces d'opposition proposent des moyens pour fuir le pays.

"Telegram incarne quelque chose de spécial en Russie", indique Alena Epifanova, chargée de recherche au Conseil allemand des relations internationales et spécialiste de la Russie. "Pour certains, c'est un symbole de liberté sur Internet". Telegram est l'une des rares plateformes à avoir survécu aux tentatives de la Russie de museler la liberté d'expression et la critique en ligne à l'encontre de son dirigeant. En 2018, les autorités russes ont tenté d'interdire Telegram dans le cadre d'une large répression des libertés sur Internet. Ces tentatives ont échoué en partie grâce à la façon dont le service a rerouté les messages en dehors de la Russie et hors du champ d'action du régulateur des médias du pays. Telegram a aussi pu compter sur l'ingéniosité de ses utilisateurs qui savent très bien déployer des VPN et échapper à la surveillance des Etats en masquant leurs activités en ligne.

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