Une nuée d'oies bernaches vient de décoller du bassin d'évaporation. Ce sont les gros toutous nageurs de Michèle Jean-Bart qui les ont dérangées en jouant dans son "vasais" (réservoir d'eau de mer). La saunière d'Ars-en-Ré observe la scène avec amusement depuis sa cabane, où elle a convié quelques collègues à prendre un casse-croûte. En ce mois d’hiver, les marais, avec leurs "fares" (petits bassins) parfaitement rectangulaires, sont encore inondés. Les travaux reprendront plus intensément au printemps avant la récolte estivale de la fleur de sel. "Au râteau !", insiste la productrice charentaise.

Bien plus qu’un détail technique, cette précision est lourde de sous-entendus. De Guérande à l’île-de-Ré, en passant par Noirmoutier, les paludiers de la façade atlantique revendiquent haut et fort leurs méthodes artisanales de collecte du sel. Au râteau donc, et à sec, une fois que le soleil et le vent ont fait leur travail d’évaporation. Rien à voir, à les entendre, avec ces lourdauds de camarguais, qui, eux, ramassent avec de vulgaires pelles l’or blanc encore immergé – de l’eau de mer pompée quand celle de l’Atlantique est apportée par la marée.

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