Il a laissé ses bottes au placard et son casque de chantier sur une armoire, à côté des boîtes de Lego Construction en attente d’être montées. Dans son bureau installé au cœur d’un grand immeuble de coworking parisien, Nicolas Ferrand, le directeur général de la Solideo, la société chargée de livrer les ouvrages olympiques, commence à souffler un peu. En ce début avril, l’ingénieur (X-Ponts) qui pilote depuis 2017 ces chantiers d’envergure se sent même un brin nostalgique. Dans neuf mois, «à peine le temps d’une grossesse», il remettra les clés des différents sites au Comité d’organisation des Jeux olympiques (le Cojo). «Nous avons fait en six ans ce qui aurait mis vingt ans à sortir de terre. Le gros œuvre sur le Village des athlètes est désormais achevé. Nous sommes dans les temps et dans le budget», se félicite-t-il.

Même s’il a dû revoir la maquette financière initiale, augmentée de 3,25 à 4,4 milliards d’euros entre 2018 et 2023, dont 1,7 milliard d’argent public versé par l’Etat et les collectivités, Nicolas Ferrand peut donc avoir le sentiment du travail bien fait. Ce n’est pas encore le cas de plusieurs de ses confrères, qu’ils soient chargés de superviser les recrutements en matière de sécurité ou d’attribuer les marchés de transport public. Autant de chantiers qui, à un peu plus d’un an de cette échéance majeure, prévue du 26 juillet au 11 août 2024, peuvent encore déraper. Notre tour d’horizon de ces missions à haut risque.

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Des infrastructures aux budgets maîtrisés

Depuis la petite terrasse, au sommet des briques Algeco empilées sur un parking, la vue s’étend à 180 degrés sur les futurs immeubles du Village des athlètes, qui abriteront 14.250 lits olympiques. Le point d’observation est d’autant plus central qu’en face, la Cité du cinéma, ce complexe inauguré en 2012 par le réalisateur Luc Besson, accueillera la cantine des mêmes sportifs, servant 40000 repas par jour. Partout autour de cette petite rue Ampère, à Saint-Denis (93), flottent au sommet des édifices les drapeaux des géants du BTP. Signe que le plus grand chantier monosite d’Europe (2800 logements à terme, 6.000 habitants et 6.000 salariés après les Jeux) s’approche de son terme, avec l’achèvement du gros œuvre. «Nous devrions réceptionner les premiers bâtiments en septembre. Et le Cojo prendra possession des lieux au plus tard le 28 février 2024», résume Nicolas Ferrand. Des visites techniques sont toutefois planifiées avant cette dernière date, durant deux mois et sur 20% des logements uniquement, pour lever les réserves.

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