Alors que l’Italie promettait des Jeux olympiques et paralympiques d’hiver «les moins chers jamais organisés», les chiffres montrent un tout autre scénario à quelques jours du coup d’envoi, ce vendredi 6 février. Les compétitions, réparties sur huit localités du nord du pays, devaient s’appuyer sur des infrastructures existantes pour garantir sobriété économique et écologique, un modèle que la France entend suivre pour les JO d’hiver 2030. Mais depuis le dossier de candidature de 2019, le budget a explosé : de 1,55 milliard d’euros, il est passé à 5,2 milliards, selon La Tribune Dimanche.

Au moins 3,5 milliards proviennent de financements publics destinés à la construction ou à la rénovation d’infrastructures, précisent nos confrères. La piste de bobsleigh, luge et skeleton de Cortina d’Ampezzo, dans les Dolomites, cristallise toutes les critiques. Initialement rénovée pour 47 millions d’euros, son coût a finalement atteint 122 millions, alors même qu’elle était inutilisée depuis 2010 et que seulement 300 licenciés pratiquent ces disciplines en Italie.

60% des chantiers risquent de ne pas être terminés

Les retards de livraison et les impacts écologiques — sols artificialisés, perturbation des écosystèmes, risques d’érosion — alimentent les polémiques. Selon une étude de l’association Libera, qui milite pour la transparence autour des JO, près de 60% des travaux liés aux Jeux ne seront pas achevés à temps, comme le rapporte Franceinfo. Il s’agit principalement des aménagements routiers et ferroviaires entre les sites de compétition. Les infrastructures sportives, elles, devraient être prêtes, assure Giovanni Malagò, président du comité d’organisation Milan-Cortina.

Face aux propositions de délocaliser les épreuves en Suisse ou en Autriche, Rome a maintenu son choix. «Nous sommes Italiens et fiers de l’être. Nous ferons la piste de bob en Italie», a affirmé la ministre du Tourisme, Daniela Santanchè. Ces dépassements illustrent les défis financiers et environnementaux auxquels sont confrontés les Jeux d’hiver, malgré les promesses de sobriété économique qui avaient accompagné la candidature.