Didier Raoult à nouveau désavoué. Fortement critiqué pour l’usage de l'hydroxychloroquine contre le Covid-19, le professeur de l'IHU de Marseille a vu son étude officiellement invalidée, a relayé la revue scientifique dans laquelle avait été publiée ladite étude, International journal of antimicrobial agents, dont se fait l’écho Le Républicain Lorrain, le 17 décembre 2024. C’est dans une note que Elsevier, l'éditeur de la revue, a expliqué ce revirement. «Des inquiétudes ont été soulevées», remarque-t-il, notamment en matière d’«éthique de publication».

En outre, il questionne «la conduite appropriée de la recherche impliquant des participants humains, ainsi que des inquiétudes soulevées par trois des auteurs concernant la méthodologie et les conclusions». Didier Raoult affirmait avoir démontré l’efficacité de l’hydroxychloroquine, associée à l’azithromycine, un antibiotique, afin de lutter contre le Covid-19. Une thèse fortement contestée à l’époque par une partie de la communauté scientifique. Dès 2020, ils pointaient du doigt des erreurs et même des manipulations sur les résultats de l’étude.

La réaction de la Société française de pharmacologie et de thérapeutique

Pire encore, d’autres études sur le sujet ont abouti à des résultats contraires avec une mise en cause de l’hydroxychloroquine, directement mise en cause dans le développement d’effets indésirables, cardiovasculaires entre autres. C’est donc un nouveau coup dur pour Didier Raoult. L’infectiologue n’a pas su trouver les mots pour défendre son étude auprès de son éditeur, si l’on en croit la note d’Elsevier. «L’expert impartial agissant en tant que conseiller indépendant en matière d’éthique de l’édition» a quant à lui relevé des infractions à des règles et la manipulation ou l'interprétation de résultats.

En retirant l’étude, l’éditeur a tout bonnement invalidé les résultats sur l’hydroxychloroquine. Une décision remarquée par la Société française de pharmacologie et de thérapeutique (SFPT). Dans un communiqué, relayé par Le Républicain Lorrain, la SFPT estime que la rétractation de l’étude «constitue une reconnaissance tardive mais essentielle des dérives scientifiques qui ont mené à la mise en danger des patients».