Les affaires ne s’arrangent pas pour Didier Raoult. Alors qu’une nouvelle controverse a émergé début septembre sur les décès attribués pendant la pandémie de Covid-19 à l’hydroxychloroquine, le microbiologiste, spécialiste des maladies infectieuses, est désormais interdit d’exercer la médecine pendant deux ans, a appris Le Parisien. En 2021, l’infectiologue avait déjà reçu un blâme par la chambre disciplinaire de l’Ordre des médecins, mais cela lui permettait de continuer d’exercer. Selon la décision en appel de la chambre disciplinaire nationale, Didier Raoult ne pourra plus exercer dès le 1er février 2025.

La guerre entre les instances nationales et le microbiologiste avait commencé fin 2020. Attaqué en justice par l’Ordre des médecins pour avoir promu un traitement dont l’efficacité n’était nullement prouvée, Didier Raoult avait contre-attaqué en portant plainte pour harcèlement contre le président de l’Ordre national des médecins, Patrick Bouet au mois de décembre, avait appris Capital. Puis il avait reçu un an plus tard ce fameux blâme. Une sanction «trop indulgente au regard des manquements retenus», a expliqué le représentant de l’Ordre des médecins, le Dr Gilles Munier, lors de l’audience d’appel dont a eu écho Le Parisien.

Didier Raoult a «nui» aux autorités sanitaires

En faisant la promotion de l’hydroxychloroquine, il est reproché au professeur marseillais de ne pas s’être «fondé, dans ses prises de position publiques, sur des données confirmées» et de ne pas avoir «fait preuve de prudence» en promouvant «un traitement insuffisamment éprouvé», explique la décision de l’organisme professionnel. Et ce, bien qu’il n’ait pas fait «courir de risque injustifié» aux patients puisqu’il «a sciemment écarté du traitement ceux qui présentaient les facteurs de risque les plus élevés», ajoute le président de la chambre disciplinaire nationale.

Ses détracteurs lui reprochent également des «essais cliniques sauvages» sur plus de 30 000 patients, ce qui est contraire au Code de santé publique. Il est enfin reproché au microbiologiste d’avoir dénigré certains de ses confrères et a «nui (…) aux mesures prises par les autorités sanitaires» en remettant en cause la vaccination et les confinements.

S’il est aujourd’hui à la retraite depuis son éviction de l’Institut hospitalo-universitaire en maladies infectieuses de Marseille (IHU), la sanction est symbolique selon nos confrères. Fin 2021, des membres de l’IHU l’avaient justement accusé d’avoir falsifié des résultats sur l’hydroxychloroquine. Il a aussi été accusé d’avoir fait pression sur certains médecins pour qu’ils prescrivent le traitement pendant la pandémie.