
C’est ce qui s’apparente à une catastrophe avant le début de la saison touristique printanière. Comme l’a appris France 3 Normandie dès le 1er avril, des immeubles et des locaux commerciaux ont dû être évacués en urgence à Honfleur (Calvados) à cause d’un risque d’effondrement. Cette évacuation en urgence concerne trois numéros d’une des rues principales de la cité, à savoir le quai Sainte-Catherine, ainsi que certaines rues adjacentes. «L'architecte de la Ville nous a informés qu'il a constaté sur les immeubles du numéro 36, 38 et 40 du quai, des mouvements intérieurs dans les bâtiments malgré une stabilisation des façades», a précisé la mairie.
Au total, trois immeubles anciens et 19 commerces sont concernés, nécessitant une interdiction de circuler et de stationner sur cette portion du quai et dans les rues adjacentes. Lors d’un point presse, le nouveau maire de la commune, Nicolas Pubreuil, a même évoqué «un risque d'effondrement imminent» qui menace les structures et les planchers. Or, ceux-ci sont porteurs sur ce type de maisons anciennes aux façades étroites. Les habitants concernés ont été relogés dans un hôtel de la ville, mais l’inquiétude grandit à la veille du week-end de Pâques alors que le tourisme joue une part importante à Honfleur.
Terrasses ouvertes, messe de Pâques maintenue…
Si la municipalité a concédé être «consciente des conséquences économiques désastreuses liées à la mise en sécurité des biens et des personnes», les commerçants auront l’autorisation de laisser leurs terrasses quai Sainte-Catherine, hormis dans le secteur concerné par l'arrêté. En outre, selon France 3, la messe de Pâques est pour l’heure maintenue dans la ville. «On est en train de monter notre terrasse, mais ça fait mal au cœur de voir le bassin comme ça… Ça ne va pas être une saison comme les autres», a confié un restaurateur à l’AFP.
Des travaux seront-ils engagés rapidement ? Dans la ville, certains commerçants perdent patience. «J'espère que la ville d'Honfleur va commencer à faire le nécessaire», lance le restaurateur, déplorant les «propriétaires qui encaissent toujours les loyers, mais ne sortent jamais l'argent». Selon ICI Normandie, le chantier devrait être long, car si le maire de la ville a reconnu qu’il faudrait «déconstruire», les immeubles en question sont classés aux monuments historiques.
Vers une démolition «manuelle» ?
D’autant que la question des immeubles mitoyens est aussi au cœur des préoccupations. Interrogé, Laurent Leclerc, dirigeant à Ifs de l'entreprise Leclerc Démolition, estime que la démolition devrait être «manuelle». «A mon avis, il y aura très très peu d'utilisation d'engins, et les salariés seront équipés de matériel électroportatif, de tronçonneuses et de choses comme ça», détaille-t-il auprès d’ICI. Un chantier complexe et fastidieux en vue, donc, qui assombrit la carte postale normalement offerte par Honfleur.




















