Absence de vie sociale, peur du Covid, crainte pour son emploi… Depuis un an, la santé mentale des Français est mise à rude épreuve. «Nous vivons une situation hors normes, totalement incertaine, qui exige de nous une adaptation permanente, commente Bruno Falissard, pédopsychiatre et professeur de santé publique. Il est naturel qu’elle ait des conséquences psychologiques.» Mi-février, 22,7% de nos compatriotes déclaraient souffrir d’anxiété ou de dépression, et 60% confiaient avoir des problèmes de sommeil.

Pour essayer d’arranger les choses, certains, bien sûr, se pressent chez le médecin. Mais beaucoup d’autres préfèrent confier leur sort à des produits ou à des professionnels moins académiques. Les cabinets de naturopathe se multiplient, les vendeurs de machine à méditer (cela existe) alignent des chiffres record, les coachs en développement personnel signent des best-sellers. Bref, le blues des uns donne le sourire à beaucoup d’autres…

• Les anxiolytiques font le beurre des labos

Xanax, Lexomil, Temesta… Les Fran­çais sont traditionnellement de très gros consommateurs de ces ­petites pilules, et la crise n’a rien arrangé. Selon un rapport Epi-Phare, entre mars et novembre 2020, les médecins ont prescrit 1,7 million de traitements anxiolytiques, 680 000 séries d’hypnotiques et 400 000 cures d’anti­dépresseurs de plus que prévu. De quoi engraisser les labos et ruiner la Sécu. En 2018, les remboursements de médicaments psychotropes atteignaient déjà 1,038 milliard d’euros.

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