Après avoir quitté Bercy, l'ancien ministre de l'Économie, en poste de 2017 à 2024, a rapidement trouvé du travail. Comme nous l'indiquions le 19 décembre, Bruno Le Maire est en effet devenu conseiller auprès du géant européen des semi-conducteurs, le néerlandais ASML. Cette reconversion lui a été accordée par la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP), qui a considéré que «le projet envisagé par Monsieur Le Maire est compatible avec les fonctions publiques qu’il a exercées, sous réserve de respecter certaines mesures de précaution». Bruno Le Maire n'a pas exemple, pas le droit de démarcher des membres du gouvernement.

Le spécialiste de l'économie François Lenglet est revenu, le 20 décembre, sur cette information sur le plateau de RTL. Il a évoqué tout d'abord l'importance d'ASML sur le marché des semi-conducteurs : «Cette entreprise, c'est la star européenne de la technologie. Elle vaut plus de 300 milliards d'euros, soit plus de deux fois Total Énergie». Précisant : «C'est la plus grosse entreprise des Pays Bas», notamment propulsée par les demandes des Gafa en termes de semi-conducteurs, pour pouvoir développer l'intelligence artificielle.

Impossible de travailler dans le privé en France

Bruno Le Maire, poursuit François Lenglet, «a été pendant sept ans un acteur important de la scène économique européenne». Une prise de valeur, donc, pour AMSL, qui va pouvoir profiter du réseau et de l'expertise de l'ancien ministre français. Mais ce passage dans le privé, examiné et autorisé par la HATVP, aurait été impossible en France «car il a eu la supervision de toute l'économie française» explique François Lenglet. Seule solution donc pour que Le Maire travaille dans le privé : «qu'il travaille pour une entreprise étrangère». Tout simplement.