En pleine campagne électorale, une nouvelle controverse oppose Joe Biden à Donald Trump. Comme le rapporte Le Monde le 30 octobre, le président américain est accusé d’avoir qualifié d’«ordures» les partisans de son rival républicain. « Les seules ordures que je vois flotter ici sont ses partisans. Sa diabolisation des Latinos est inadmissible et antiaméricaine. C’est totalement contraire à tout ce que nous avons fait, à tout ce que nous sommes.», a déclaré le 29 octobre le locataire de la Maison Blanche, qui réagissait aux propos controversés tenus par l’humoriste Tony Hinchcliffe lors d’un meeting de Donald Trump à New York.

Dimanche, l'humoriste avait comparé Porto Rico – un territoire américain dont de nombreux natifs résident à New York – à «une île flottante d’ordures au milieu de l’océan». Cette sortie a été rapidement dénoncée sur les réseaux sociaux, notamment par l’équipe de campagne de Kamala Harris. La campagne de Donald Trump a tenté de se distancier de ces propos, mais le mal était fait.

Joe Biden tente de préciser le sens de ses propos

Face aux critiques, un porte-parole de la Maison Blanche a précisé que le président visait uniquement «la rhétorique haineuse entendue au meeting du Madison Square Garden». « C’est tout ce que je voulais dire. Les propos tenus lors de ce rassemblement ne reflètent pas ce que nous sommes en tant que nation.», a déclaré Joe Biden sur son compte X, Interrogée par CNN à propos du commentaire de Joe Biden, la Maison Blanche a précisé que le président américain souhaitait dire que les ordures qu’il voyait étaient «his supporter’s» («celles de son partisan») et non «his supporters» («ses partisans»).

Les républicains n’ont pas tardé à s’emparer de cette erreur de communication. Le sénateur de Floride, Marco Rubio, a fustigé les propos du président : «Il y a quelques instants, Joe Biden a déclaré que nos partisans, nos patriotes, étaient des ordures. Il parle des Américains de tous les jours qui aiment leur pays.» Donald Trump a qualifié ces déclarations de «terribles», tandis que son colistier J.D. Vance les a jugées «répugnantes». «Il n’y a aucune autre façon de présenter la situation : Joe Biden et Kamala Harris ne détestent pas seulement le président Trump, ils méprisent les dizaines de millions d’Américains qui le soutiennent», a ajouté la porte-parole de la campagne de Donald Trump, Karoline Leavitt.

Une polémique qui rappelle celle de 2016

Cette polémique va à l’encontre de l’image rassembleuse que Kamala Harris s’efforce de présenter. Lors de son meeting mardi à Washington, la candidate démocrate a appelé à «cesser de nous pointer du doigt les uns les autres». Sur CNN, le gouverneur démocrate de Pennsylvanie, Josh Shapiro, a assuré qu’il n’insulterait jamais «le bon peuple de Pennsylvanie ou n’importe quel Américain, même s’il choisissait de soutenir un candidat que je ne soutiens pas».

Cette situation n’est pas sans rappeler la campagne de 2016, lorsqu’Hillary Clinton avait comparé les électeurs de Donald Trump à un «panier de personnes pitoyables («a basket of deplorables»)». Bien qu’elle ait présenté ses excuses, cette attaque l’avait poursuivie jusqu’à la fin de la campagne.