8,50 euros de frais pour un retrait de seulement 20 euros. C’est la somme que Gabriella, une Américaine résidant en France depuis plusieurs années, a dû payer en utilisant sa carte bancaire dans un distributeur privé situé en plein centre de Paris, raconte Le Parisien. Ces distributeurs automatiques, qui se multiplient depuis cinq ans dans les zones touristiques de la capitale, suscitent des interrogations. Ciblent-ils délibérément les visiteurs étrangers ?

Pour le vérifier, nos confrères ont comparé leur fonctionnement avec une carte française et une carte américaine. Le constat est sans appel : les options proposées diffèrent selon la carte utilisée. Avec une carte française, les montants de retrait affichés restent classiques, entre 20 et 60 euros. En revanche, avec une carte étrangère, les sommes proposées bondissent : le minimum passe à 70 euros, avec des plafonds allant jusqu’à 600 euros. En examinant le reçu, la surprise est de taille : pour un simple retrait de 20 euros, Gabriella a payé 4,95 euros de frais d’accès au distributeur.

8,50 euros de frais contre 1,70 euro

A cela s’ajoute une marge de 14,95% appliquée sur le taux de conversion, bien au-dessus des standards habituels. Résultat : le retrait lui a coûté 8,50 euros de plus que s’il avait été effectué à un taux de change classique, soit 40% de frais supplémentaires. Un surcoût en partie dû au fait que la marge du distributeur s’applique non seulement sur les 20 euros retirés, mais aussi sur les frais d’accès eux-mêmes, gonflant ainsi la facture finale.

A titre de comparaison, un retrait effectué dans un distributeur bancaire classique ne lui aurait coûté aucuns frais d’accès. Et si une marge reste appliquée sur le taux de conversion, elle est bien plus modérée : 8,60%, soit presque deux fois moins. Au final, ce même retrait de 20 euros aurait engendré seulement 1,70 euro de frais. Attention, autre subtilité : le fait de consulter le solde de votre compte à l’étranger peut aussi vous être facturé. «La banque du touriste peut considérer la consultation du solde comme une transaction internationale, donc c’est pour ça qu’il peut y avoir des frais, rien que pour consulter le solde de la carte», explique Anna Meylac, responsable des contenus chez Panorabanques.

Et mauvaise nouvelle pour les touristes : ces distributeurs indépendants pourraient se multiplier à Paris comme ailleurs en France. En cause, la fermeture progressive des distributeurs bancaires traditionnels, jugés trop coûteux à entretenir, notamment dans les zones peu peuplées.