Un changement de stratégie côté iranien ? Selon les informations de BFMTV, l’Iran a frappé Tel-Aviv, mardi 24 mars, avec une ogive contenant environ 100 kilogrammes d’explosifs. Selon le colonel israélien Miki David, représentant du commandement du front intérieur, l’attaque – qui a fait trois blessés et provoqué d’importants dégâts matériels – correspond à une ogive unique, et non à un fragment de munitions à sous-munitions.

En effet, la puissance du projectile ne témoigne pas d’un élément détaché d’une charge à fragmentation, même si la taille de l’ogive semble inférieure aux charges conventionnelles non fragmentées déjà employées par l’Iran, qui peuvent dépasser les 500 kilos, explique la presse. Certains rapports mentionnent une confusion initiale autour du projectile, suggérant la possibilité de missiles capables de transporter plusieurs petites ogives, brouillant la distinction entre charge unitaire et munition à fragmentation. Les premières observations privilégient cependant l’hypothèse d’une ogive unique.

La stratégie variable de l'Iran

Cette frappe s’inscrit dans un changement de stratégie de la part de Téhéran, qui souhaite gagner en précision, étendre la portée de ses missiles ou encore compliquer l’interception par les systèmes antimissiles israéliens. Au départ, l’Iran a tiré des missiles balistiques lourds dotés de charges supérieures à 500 kg, comme les Shahab-3, Ghadr ou Emad, afin de frapper fort et de tester les défenses israéliennes.

Début mars, la République islamique est montée en gamme avec des missiles plus avancés tels que le Khorramshahr, et surtout l’introduction d’ogives à fragmentation. La moitié des 19 missiles à sous-munitions utilisés depuis le début du conflit ont été tirés durant cette période. Enfin, depuis la mi-mars, une troisième phase semble s’amorcer : l’Iran mélange désormais ogives lourdes de plus de 500 kg et charges plus légères, comme celle utilisée lors de la frappe du 24 mars.

Téhéran veut--elle préserver son stock de missiles lourds ?

En alternant ces attaques, Téhéran souhaite aussi préserver des missiles plus lourds. En envoyant des munitions à fragmentation et des bombes à sous-munitions, des dizaines de petites charges explosives se dispersent sur une vaste zone au lieu d’une ogive classique qui explose en un point. Par exemple, le Khorramshahr peut déployer jusqu’à 80 sous-munitions et donc couvrir parfois plusieurs hectares. Chaque sous-munition agit comme une bombe indépendante : certaines explosent à l’impact, d’autres pénètrent légèrement le sol ou les structures avant de détoner.

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