Pour la première fois depuis le début du conflit au Moyen-Orient, l’Iran a tiré ce dimanche 15 mars des missiles balistiques Sejil en direction du centre d’Israël, selon des images diffusées par la télévision d’Etat iranienne. Les Gardiens de la Révolution ont confirmé avoir utilisé ce missile stratégique à deux moteurs, propulsé par du combustible solide et capable d’être lancé sans plateforme dédiée, rapporte BFMTV. Testé dès 2008, le Sejil mesure environ 25 mètres de long et peut transporter une tête explosive d’environ une tonne, lui conférant une puissance de destruction importante.

«Ce sont des missiles qui ont une capacité qui va dépasser les 2 000 km, donc c’est déjà une performance inquiétante. Et c’est un missile plus lourd, avec des masses de destruction plus importantes», explique l’amiral Richard Wilmot-Roussel, ancien commandant du porte-avions Charles-de-Gaulle, sur BFMTV. Avec une portée supérieure à 2 000 km ce missile peut ainsi frapper l’ensemble du Moyen-Orient et pourrait même atteindre des pays du sud-est de l’Europe, comme la Grèce ou la Bulgarie.

«Entre 20 et 80 sous-munitions»

Autre particularité : sa charge peut contenir de nombreuses sous-munitions. «Dans la tête du missile iranien, il y a entre 20 et 80 sous-munitions de 3-4 kg, qui s’éparpillent et qui permettent d’avoir des effets d’explosion sur les zones visées malgré l’interception», précise Didier François, éditorialiste défense sur BFMTV. Si l’Iran disposerait de plus de 2 000 missiles balistiques, le nombre exact de missiles Sejil reste, lui, inconnu.

Ces frappes interviennent au seizième jour du conflit, alors que les tensions dans la région restent extrêmes. L’utilisation des missiles Sejil marque une nouvelle étape dans la guerre, accentuant la menace sur Israël et ses voisins et démontrant la capacité de l’Iran à frapper à longue distance avec des armes particulièrement destructrices.