
La Bourse de Paris hésitait ce vendredi 5 juin sur fond de données contradictoires : légère baisse du pétrole, incertitudes au Moyen-Orient et premiers doutes sur l'intelligence artificielle (IA) qui réoriente les investissements vers des secteurs traditionnels. Vers 10h30, l'indice du CAC 40 progressait légèrement de 21,36 points(+0,26%) à 8 266,80 points. La veille, le panier des 40 meilleures valeurs françaises avait progressé de presque 100 points (93,87, +1,15%) à 8 244,29 points.
Au palmarès des valeurs, le chef de file des spiritueux Pernod Ricard réalisait la meilleure performance de la matinée (+2,39% à 62,58 euros). Hors CAC 40, le mouvement de retour des investissements dans la biotech Abivax se confirmait (+8,16% à 90,80 euros). Abivax compensait le dévissage enregistré en début de semaine (-43,56% à 63,10 euros) à cause de la mention de «rares cas» de cancers dans la présentation d'une étude confirmant l'efficacité d'un traitement d'une maladie inflammatoire chronique.
L’IA recule en Bourse, le luxe en profite et soutient le CAC 40
A l'inverse, le spécialiste des semi-conducteurs STMicroelectronics continuait d'encaisser le mouvement mondial de prise de bénéfices dans les secteurs liés à la vitesse de calcul de l'intelligence artificielle (-3,60% à 59,90 euros). Le mouvement a commencé avec le brutal recul à New York de Broadcom jeudi (-13,50%). Très exigeants, les investisseurs ont sanctionné des prévisions inchangées pour 2026, alors qu'ils espéraient plus. Cette correction sur l'IA permet une «rotation sectorielle» et un retour des capitaux vers des valeurs plus traditionnelles, sûres ou défensives comme le luxe (L'Oréal +1,44% à 376,25 euros).
Les investisseurs gardent un œil vers le Moyen-Orient. Bien qu'il soit refusé par le Hezbollah, soutenu par l'Iran, et qu'il ne soit pas respecté par Israël, le nouvel accord de cessez-le-feu entre le Liban et Israël, annoncé mercredi à Washington, fait baisser le prix du pétrole, dans l'attente d'un accord plus large pour rouvrir le détroit d'Ormuz. Vers 10h30, le baril de Brent s'échangeait à 94,85 dollars (-0.19%), et le WTI américain reculait également (-0,55% à 92,53 dollars). «Au cours des dernières 24 heures, les marchés ont d'abord connu un mouvement de soulagement grâce à la baisse du pétrole, avant de repasser en mode défensif pendant la nuit, les risques technologiques et géopolitiques revenant au premier plan dans l'esprit des investisseurs», résume Florian Ielpo de la banque privée Lombard Odier.
La Bourse attend les chiffres de l'emploi aux Etats-Unis, la Fed en ligne de mire
Les investisseurs semblaient attendre les chiffres de l'emploi américain qui vont tomber plus tard dans la journée. «Le rapport sur l'emploi américain sera extrêmement important pour la manière dont le marché (CAC 40, Wall Street...) percevra la prochaine décision de la Fed, alors que nous attendons la première réunion présidée par le nouveau président Kevin Warsh», souligne Neil Wilson, stratège en investissements pour la plateforme Saxo. En attendant, l'euro progressait (+0,22%) face au dollar, à 1,1637 dollar pour un euro, contre 1,1611 la veille. Le rendement du taux d'emprunt français à dix ans baissait légèrement à moins de 3,66% contre moins de 3,67% la veille.









